mardi 7 février 2017

Malheur aux gagnants, le making-of – 1 - La musiiiiiiiiiiqueuh !

J’inaugure une nouvelle série d’articles sur ce blog, et je vais vous proposer d’en savoir un peu plus sur mon prochain roman à paraître.

Il s’agit de Malheur aux gagnants, qui va être édité par Les Moutons électriques.

Je ne peux pas vous fournir de date précise mais sachez qu’il va néanmoins ne plus trop traîner avant de pointer un bout de couverture sur les étals de votre librairie préférée.

Malheur aux gagnants est un roman policier, un brin ésotérique. L’action se déroule dans les années 1930, principalement à Paris. On suit l’enquête de trois détectives, trois Gueules cassées, des vétérans de la Première Guerre Mondiale, qui cherchent à neutraliser un tueur.

D’ici à la sortie, afin de dévoiler un peu le processus qui m’a permis d’écrire ce roman, j’ai envie de partager quelques méthodes, quelques éléments liés à ce travail d’écriture, pour partager avec vous, mes amis lecteurs et auteurs qui me faites l'honneur de suivre ce blog, un peu de ce making-of...


Ce premier article va porter sur la musique, et plus précisément, l'écriture en musique.

Ceux qui suivent ce blog savent que la musique est très importante pour moi quand il s’agit d’écriture. Cette habitude me vient probablement de l’époque où je menais un grand nombre de parties de jeux de rôle. J’ai très vite trouvé que la musique apportait beaucoup à l’ambiance autour de la table. Et une fois que j’ai commencé à sonoriser ces parties, je ne pouvais plus m’en passer.
C’est tout naturellement que j’ai également sonorisé mes sessions d’écriture. Je n’écris qu’en musique.

La musique peut même m'inspirer un roman, comme ce fut le cas pour Stoner Road et le stoner rock...

Et, en général, je suis persuadé que la musique influe sur ce que j'écris. C'est pourquoi je n'écris pas en musique en faisant défiler une playlist aléatoire ou en écoutant la radio ou autre. En effet, je choisis soigneusement les morceaux que je vais passer en fond sonore alors que j'écris (je dis "fond sonore" mais il peut m'arriver d'écrire la musique à fond, justement).

Quand je commence un roman, j'ai souvent une idée, même un peu vague, de ce que je vais faire jouer sur la platine. Il arrive bien souvent que des albums imprévus s'ajoutent et même prennent une telle importance qu'ils deviennent les morceaux principaux de l'écriture.

Souvent, et depuis quelques temps, j'essaie de resserrer le nombre, pour avoir une sorte d'ambiance homogène, ramassée, la plus pertinente possible. Mais là encore, pas d'interdit, je peux aussi brasser large.
De même, j'essaie de ne pas trop inclure d'anachronisme (ce qui ne rend pas toujours la chose facile, quand on écrit des histoires qui se déroulent dans le passé). Alors, je peux tout à fait écouter un album récent pour une histoire qui se passe dans les années 1930 (et je vais le prouver dans la suite de cet article) mais j'évite, disons, de sonoriser une histoire se déroulant au Moyen Âge par de la techno. Je ne dis pas que c'est pas bien de le faire, moi, j'ai juste un peu de mal.

Quand j'écoute, j'écoute souvent par album, sans toucher à l'ordre des plages, sans sélection préalable parce que je vais écrire telle ou telle scène. Je laisse filer, parfois ça tombe parfaitement, parfois moins mais ce n'est pas l'important. Parfois je mets tous les albums dans le PC et je fais jouer la playlist en aléatoire, mais c'est plus rare.


Pour Malheur aux gagnants, j'ai retenu quatre albums, dont deux BO et une compilation. 

Je précise que ce n'est pas un billet musical où je vais "chroniquer" les albums mais plutôt citer ces derniers et expliquer ce qu'ils m'ont apporté.

Laissez-moi vous les présenter:


THE IMITATION GAME, d'Alexandre Desplat.

Forcément, là, je vous vois venir. Malheur aux gagnants traite des mathématiques alors forcément une musique de film sur des matheux...
Eh bin, oui. J'ai vu le film, apprécié la musique et je n'y suis pas forcément revenu. C'est par la suite, en y repensant que je me suis dit combo : maths plus récit se déroulant même pas 10 ans après mon propre récit, ça pouvait le faire.
Et ça l'a fait tellement qu'à présent, entendre les morceaux de cette BO me fait davantage penser à mon roman qu'au film. Comme ce fut le cas pour Millenium sonorisé par Reznor et Ross pour Le dernier Vodianoï...
Ce disque m'a apporté ses climats posés, calmes, ce piano qui laisse cependant entendre qu'il y a quelque chose d'urgent, d'inquiétant... Des morceaux qui se glissent entre les lignes, en toute discrétion mais les marquent de leur saveur rétro...




THE FLYING CLUB CUP, de Beirut

J'aime beaucoup beaucoup ce groupe, dont j'ai tous les albums. Si le premier pouvait faire penser à une fanfare des Balkans, celui-ci est une véritable déclaration d'amour à une France du passé, tout en restant un album de musique pop d'une grande beauté.

Cet album s'est imposé tout seul, comme un grand, alors que je commençais à écrire mon roman.

Souvent, les morceaux de ce groupe me posaient dans l'époque, apportaient un peu de "sentiments", me poussaient à me plonger davantage dans les personnages, ce qu'ils ressentaient, ce qu'ils vivaient....





GONE GIRL de Trent Reznor & Atticus Ross

J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce duo. J'aime beaucoup le travail de Reznor, avec ou sans NIN, avec ou sans sa femme.
J'aime également beaucoup le travail de Ross, avec ou sans Reznor.
Quand les deux s'acoquinent, cela donne vraiment du bon son. Je parlais tout à l'heure des anachronismes que j'évite, cette BO était, il est vrai, un tout petit trop moderne pour mon sujet mais les ambiances développées étaient telles que je suis passé outre sans difficulté.

Ambiances glaciales, doute, peur, suspense, les morceaux de ce double album m'ont permis de travailler les scènes de tension.






1935, Les Chansons de cette année-là...

Une compilation qui m'a été très utile pour glisser quelques morceaux de radio dans quelques scènes, pour me plonger dans l'ambiance qu'il pouvait y avoir dans un salon où un couple écoute la TSF...

Avec cette compilation, je pouvais essayer de mieux visualiser l'époque, les troquets, les intérieurs, presque aussi bien qu'en regardant des photos...









Voilà, je ne pense pas avoir écrit avec d'autres morceaux que ceux provenant de ces quatre albums. Si vous lisez un jour Malheur aux gagnants et que vous voulez creuser sur les ambiances, voilà quelques indices qui peuvent vous aiguiller à saisir un peu mieux mon boulot.

On se retrouve bientôt dans un second épisode où je vous dévoilerai un outil qui m'a servi pour travailler l'intrigue au corps. Un outil inédit qui a apporté beaucoup au roman, tout en collant pile poil avec son sujet. Si ça, c'est pas du suspense de feu de dieu alors je ne sais pas ce qu'il vous faut.


2 commentaires:

  1. Il me semble toujours intéressant de voir le rapport qu'entretiennent les écrivains avec la musique, notamment dans le processus de création littéraire et dans la façon dont la musique peut donner des idées. Pour la lecture de "Malheur aux gagnants" j'ai pensé à Schoenberg, un peu de Chostakovitch et de Bartok seront sûrement aussi les bienvenus, mais Schoenberg va bien aux gueules cassées.

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    1. Merci pour ce commentaire.
      Effectivement, la musique est pour moi indispensable. J'ai donc décidé de faire figurer les albums qui petit à petit prennent l'ascendant sur ma sélection initiale au début de chaque projet.
      Cool pour tes références, je suis un néophyte complet en classique mais je vais aller y jeter une oreille.

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