lundi 25 janvier 2016

Musique 27, les 5 albums de janvier 2016

Bon...
Faut se lancer. 


DAVID BOWIE
2016
 ★ est un chef d'oeuvre absolu. 
Voilà pour l'entrée en matière. Après The Next Day, David Bowie, qui disposait pourtant largement de quoi remplir un album dans le même genre selon son producteur Tony Visconti, a pourtant décidé de complètement se réinventer (ou presque) et de sortir ce disque à la date précise de ses 69 ans.

Ce disque aura eu deux vies. 
La première est brève, elle naît le 08 janvier 2016. Elle s'épanouit, tranquille et belle, ésotérique et sombre, nous nourrit de sonorités exotiques et de textes bizarres. Elle meurt brusquement le lundi 11 janvier 2016 au matin.

Dès lors, l'album entame sa deuxième vie. 
Celle-ci débute le 11 janvier 2016 au matin. Et elle risque de durer autant que les gens se souviendront de cet étrange bonhomme qui l'a sorti.
L'album prend un tout autre sens. Les textes bizarres deviennent prophétiques, les sonorités exotiques deviennent d'une tristesse absolue, la richesse demeure, la beauté explose. Les paroles résonnent, résonnent, résonnent...


DAVID BOWIE
2016
 est un chef d'oeuvre absolu. 
La seconde vie de l'album, sa réincarnation définitive, dévoile un artiste qui aura maîtrisé jusqu'au bout son art, professionnel jusque dans son trépas, fascinant jusque dans la tombe.
Il faut accomplir trois miracles pour être béatifié. Mais en attendant le paradis (même si lui-même nous dit qu'il y est, là, présentement, et c'est tout ce qu'on lui souhaite), Bowie a fait preuve par au moins trois fois qu'il était un artiste complet, total, absolu, jusque dans sa disparition : en suicidant Ziggy Stardust, en sortant Low, cet étrange disque tordu en pleine explosion punk et en livrant cet ultime cadeau quelques heures avant sa mort. Le cadeau de son dernier personnage, Lazarus, cet étrange prophète aux yeux en bouton...
Il ne peut pas tout donner, qu'il nous dit, mais son 28ème album (oui, je compte les deux Tin Machine et The Buddha of Suburbia) est un présent comme on en reçoit peu. Il est précieux.
Pour l'instant, c'est dur de l'écouter, ça va l'être un moment mais quand même, bon dieu, quel album !  
Choisissant d'orienter cette fois-ci sa musique vers le jazz, et même le free jazz, Bowie s'entoure de jeunes musiciens virtuoses du genre et propose un album épilogue d'une durée semblable à celle d'un 33 tours, avec ses sept titres. Un album ramassé donc, qui se paie pourtant le luxe d'ouvrir avec sa pièce maîtresse, , et ses quasi 10 minutes, en trois actes.
Ambiances orientales, souffles vénéneux, sonorités oppressantes, Bowie convoque les paysages qu'il avait pu travailler avec 1.Outside mais les recouvre cette fois-ci d'une teinte plus mystique encore. Et bien sûr, il y a encore et toujours quelque chose de cosmique dans cette galette, comme il y avait quelque chose de spatial dans Ziggy Stardust (et même bien sûr, avant, avec le Major Tom).
D'ailleurs, la dernière photo de Bowie, le montrant un pied en l'air, dans la rue, n'est-elle pas la réponse à la pose de Ziggy dans Heddon Street ? La boucle est bouclée, cette fois, l'extra-terrestre est bien reparti (ou bien mort, suivant l'optimisme de l'auditeur).
Mais j'arrête là pour les lectures sinistres de l'opus évoqué. Je laisse à chacun le soin de lire les paroles de Lazarus ou même d'aller visionner le clip où l'on voit une dernière fois Bowie faire le mime et partir, effrayé, tremblant, dansant, sur la pointe des pieds, jusque dans l'armoire dont il referme la porte... Ou bien de relire les paroles de la toute dernière chanson. Plein de gens analysent ça bien mieux que moi. Et puis, honnêtement, je n'ai pas le cœur à causer de tout ça, je préfère encore parler musique.


DAVID BOWIE
2016
 est un chef d'oeuvre absolu.

Je ne sais pas si je l'ai dit. Et une chose est certaine, il l'était déjà dans sa première vie. Cette première incarnation que je suis content d'avoir dégusté pendant ce trop court week-end. Aucune hagiographie (malgré ma comparaison plus haut, je ne propose pas d'écouter cet album comme un disque de catéchisme bowien)...

Dedans, après le sublime , il y a bien évidemment le très émouvant Lazarus, il y a aussi Girl Love Me et son texte en "polari", un argot britannique utilisé par la communauté gay après-guerre.

Il y a le terrible, bruitiste, free, Tis A Pity She Was A Whore et ses duels de saxophone ou encore Sue (Or in a Season of Crime) qui, pour le coup, fait vraiment penser à l'ésotérisme electro-indus de 1.Outside...

D'ailleurs, le saxophone, parlons-en. Ou plutôt, écoutons-le. Ecoutons-les, même. Ils sont là, ils remplacent les guitares, sont en premier plan, s'emberlificotent dans des solos impressionnants... Quand on sait qu'il s'agit du premier instrument de David Bowie et qu'il a toujours tenté d'en placer, ici et là, dans ses titres expérimentaux comme dans ses tubes commerciaux, on ne peut qu'apprécier le champ libre laissé à cet instrument dans cette constellation de morceaux.

Et l'album se conclue sur les plus "classiques" Dollar Days et I Can't Give Everything Away. Plus classiques, à l'image, finalement, de ses précédents albums, comme pour redescendre tranquillement après le voyage zarbi d'outre-espace.


DAVID BOWIE
2016
★ est un chef d'oeuvre absolu.

L'apport des musiciens de jazz, la prod' impeccable, le travail des sonorités qui pioche dans le hip-hop, la jungle, le jazz, le rock est assez impressionnant. Et probablement irréprochable.
Alors, forcément, je suis fan, okay. Depuis 20 ans, presque inconditionnel, même si j'ai des albums sur lesquels j'accroche moins (un poil moins), et sans chercher à poser  comme son meilleur album parce que le dernier (même si des rumeurs commencent à évoquer des sorties posthumes programmées...) mais force est de constater que , c'est un peu son nouveau Low (d'ailleurs, un visuel du livret est constitué par le profil de Bowie, dans une pose très lowesque mais cette fois-ci orienté vers la gauche).

Et Low, c'est mon album favori. J'aime tout sur cet album, de sa couverture à ses deux faces, de sa pop torturée et glaciale à ses titres ambiant, le contexte de sa sortie, son époque, les expériences à la Eno qui bouleversent et cassent les codes...
★ me fait penser à un Low de 2016, un truc dans lequel Bowie se lâche, expérimente, innove, s'amuse (car oui, si certaines chansons sont/sont devenues forcément graves et tristes, il y a quand même une belle énergie dans ce disque), ne se soucie pas (complètement) de formater pour les radios ou Internet (même si il a tenu à ce que  (la chanson) ne dépasse par les 10 minutes à cause de iTunes).
The Next Day venait boucler sa trilogie "easy listening" et c'était déjà cool.
 vient, lui, boucler sa trilogie berlinoise (le terme est là, même si historiquement, pas tout et loin de là, n'a été enregistré à Berlin) en proposant un ultime volet, le pendant ténébreux de Low, où l'ésotérisme jazzy remplace les mélodies krautrock glaciales.


DAVID BOWIE
2016
★ est un chef d'oeuvre absolu.
















:'(  je sais pas pourquoi je mets ce smiley, je réalise toujours pas...

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