dimanche 1 novembre 2015

L'oeil dans le cloaque: PAGAN PANDEMIA - Le cloaque des dieux. David BAUDET - OVNI Editeur

Fini Pagan Pandemia de David Baudet.

Le jour où les anciens dieux ont décidé de frayer avec les mortels, le monde a irrémédiablement changé et plus rien ne sera jamais comme avant.
Surtout pour O'Keefe, le franco-irlandais qui traîne son odeur de charogne, son chien famélique et ses Corvées euthanasistes à travers sa piètre existence. Olaf se contente de refuser, poliment, payant le prix de sa rébellion par de violentes céphalées et de fréquentes visites des impitoyables Phalanges, des sections divines chargées d'éliminer les Rétifs.
Gilbert, enfin, attend sa prochaine Incarnation végétale avec angoisse, tuant le temps à grands coups de chants légionnaires.
Quant à l'humanité restante, elle ignore tout du projet divin et c'est probablement mieux ainsi... Après tout, certains diraient :
"Qu'elle se démerde !" Et, à mon sens, ils n'ont pas complètement tort...



C'était bien bien sympa.

Quand les tonton flingueurs rencontrent un complot divin, quelque part en Bretagne avec un soupçon de Big Lebowski et de Ma vie est un enfer... 

Le pauvre O'Keefe pue la charogne mais ce n'est pas de sa faute. Un dieu maya lui a mis le grappin dessus et s'en sert allégrement pour accomplir ses basses besognes ici bas. Son pote Olaf, taulier d'un PMU d'une ville bretonne, est lui aussi la chasse gardée d'un dieu mais lui, il résiste, il fait la forte tête. Même s'il morfle pour sa peine. Ils gèrent leur quotidien comme ils peuvent, entre descentes de zélotes zélés des dieux qui veulent faire payer à Olaf sa réticence et missions secrètes d'O'Keefe qui ont fait de lui le plus grand serial killer du pays. Jusqu'à l'irruption d'un jeune de banlieue, poursuivi par des mecs plutôt étranges. Je n'en dis pas plus...

L'auteur dessine peu à peu un univers personnel assez intemporel, avec ses personnages un brin anachroniques, paumés qui voudraient bien faire partie d'un monde qui s'échine à les envoyer voir ailleurs s'il y est. Et pendant ce temps, en haut, ça se tire dans les pattes, ça utilise les humains comme des marionnettes... Jusqu'au jour où une drôle de secte, zarbi au plus haut point, vient bousculer tout ça, déboulant comme des chiens encapuchonnés dans un jeu de quilles. Une belle mythologie, construite avec malice, se laisse découvrir peu à peu.

Croisant les époques, les influences et les univers, Pagan Pandemia, c'est aussi un sacré style. J'ai cru un temps qu'à la longue (car c'est un beau bébé, le Cloaque des dieux), ça pouvait lasser son lecteur mais non, pas du tout. Au contraire, ça participe à l'ambiance, ça pose le climat. Et les réparties bien senties qui jalonnent (ha) les dialogues m'ont fait marrer plus d'une fois (et vraiment marrer, hein, pas juste sourire).

C'est un peu du polar, un peu du fantastique, un peu de l'absurde, un peu une histoire d'amitié, dans un cadre qui pourrait se décliner, on le sent, dans un univers ludique à la Vampire - la Mascarade, version chouchen et bars PMU.

C'est un chouette cocktail, qui pique un peu, qui fait marrer et qui donne envie de savoir la fin. 

Et cette petite fin amère, justement, qui, comme la Suze, donne un goût de reviens-y ? Hein, David ? Sacré nom de diou, tu m'as foutu une sacrée soif avec toutes tes excentricités ! 

C'est dispo chez OVNI. Les mauvaises langues vont dire que je veux faire de la lèche à mon futur éditeur. C'est mal me connaître. Sur ce bloug, je cause de ce que j'aime. Je vais pas me priver de dire du bien du livre d'un pote, sous prétexte que c'est un pote et qu'il est édité par des gens avec qui je bosse. L'objectivité, je l'empapaoute, voilà. Pour autant, si j'avais pas été aussi emballé, je me serais contenté de juste pas en parler, tu peux me croire sur parole, ami lecteur. 



Sinon, ben, je suis à la bourre niveau chroniques musicales et j'ai des choses à dire concernant mon actu, je vais tenter de réactiver un peu ce bloug. A bientôt donc.


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