mercredi 29 juillet 2015

Musique 25, les 5 albums de Juillet 2015

Déjà 125 albums chroniqués (en comptant ce billet).
De quoi passer ses vacances en musique si vous cherchez quelques idées sonores...

Après un long WE londonien, je reviens tout plein bardé chargé de 33t. En voici quelques uns évoqués:



TIM CURRY
Read My Lips
1978
Déjà, Tim Curry a la classe. Et en plus de jouer au cinéma, notamment des doux vampires travestis transylvaniens, il chante. Read My Lips est le premier de ses trois albums solo. Le concept en lui-même est intéressant et permet à Curry d'explorer son organe puissant sur différents styles. En effet, il s'agit, essentiellement d'une collection de reprises. Il y a, je crois, deux titres composés pour l'occasion. Le reste est très varié et c'est peu de le dire: chanson rock, bien entendu mais aussi thème monumental écossais joué avec le Regiment Pipers and Drums of the 48th Highlanders of Canada, reggae, chanson de Burt Bacharach ou encore chanson en mode rétro des années 1930-1940... 
Et Tim Curry sait également s'entourer. A la prod, Bob Ezrin (producteur d'Alice Cooper et de Lou Reed, des Pink Floyd ou de Peter Gabriel notamment) et Michael Kamen (le compositeur de musique de film) et dans le groupe, on trouve notamment Dick Wagner (qui a également traîné ses guêtres avec Lou Reed et Cooper) et toute une cohorte de musiciens de studio très efficaces. 
Alors cette galette ne révolutionne pas la musique ni même le rock et sans nul doute, ce serait quelqu'un d'autre que Tim Curry, il ne me serait même pas venu à l'idée de l'acheter. Sans nul doute, j'aurais aimé l'entendre dans un truc plus homogène, mais n'empêche, ce mec a une voix terrible et cette variété de styles lui permet de jouer avec. Et c'est bien cool.



JOHN CALE
John Cale Comes Alive
1984
1984, la fin de la période difficile pour John Cale. Depuis la fin des années 1970, ses addictions faisaient que les spectateurs en venaient à craindre pour sa vie durant les concerts. Du moins ceux qu'il arrivait à assurer, sans s'évanouir ou décapiter des poulets avec les dents.
A cette époque, donc, le John ne prenait même plus la peine d'enregistrer en studio et c'est ainsi que ses compositions originales étaient à chercher du côté des lives. 
Je vous renvoie à la chro que j'ai fait de Sabotage Live.
Ici, ce n'est pas le cas, cependant. Et c'est même l'inverse. Le live étant encadré par deux compo inédites, le premier et le dernier titre. John Cale relève la tête, rentre dans le rang en produisant une musique moins écorchée mais toujours puissante.
Ce live suit le plutôt (très) bon album Carribean Sunset et précède le moins réussi Artificial Intelligence et vaut le détour. Moins extrême que Sabotage Live mais encore bien sauvage, le concert enchaîne les morceaux bruts, portés par la voix rauque de John Cale. 
Les deux compositions inédites sont finalement les petits points faibles de l'album car le reste intègre parmi les meilleures versions de certains de ses titres, notamment Chinese Envoy, que j'apprécie beaucoup ici. 
Cet album fait partie des quelques indisponibles en CD, autant dire que j'ai été bien content de le dénicher en excellent état sans avoir à me ruiner. 



DEXYS MIDNIGHT RUNNERS
searching for the young soul rebels
1980
Premier album du groupe considéré (à tort, si on se place d'un point de vue autre que ricain) comme un one hit wonder avec le célébrissime Come On Eileen, cet album obtient déjà un bon classement sur le territoire anglais en atteignant la 6ème place et en y restant pendant deux mois et demi. 
Nommé ainsi d'après la Dexedrine, une drogue tendance du moment, le groupe est totalement dans son époque, celle du post-punk, des mélanges hasardeux et culottés, du brassage culturel... Chez les Dexys, y'a une sacrée section cuivre, un relent ska, du rythm'blues, de la soul et de la pop classe comme seuls les Anglais savent le faire, un chant "urgent" qui rappelle Robert Smith mais pas encore les influences celtiques qui les feront exploser avec l'album suivant.
Sous la houlette du plutôt tyrannique Kevin Rowland, le groupe propose un sacré cocktail aussi riche qu'émouvant, avec un chant habité. Décidé à marquer son époque (l'intro évoque plusieurs titres phares de l'époque, notamment les Sex Pistols, passés sur un transistor, avant que Rowland ne gueule "brûlez moi tout ça"), searching for the young soul rebels est éclipsé par Too-Rye-Ay et c'est un peu dommage. 



TUBEWAY ARMY
Tubeway Army
1978
La claque que cet album. Et pourtant, Gary Numan, je connais un peu depuis 15 ans que j'écoute.
Mais je n'avais jusqu'ici écouté du groupe des débuts de Gary Numan que le second album, Replicas. Puis les travaux "en solo" du musicien et chanteur.
Et donc j'étais passé à côté du superbissime premier album, géré par un duo, Gary Numan et Paul Gardiner, avec des musiciens additionnels, dont le tonton de Gary à la batterie.
Que les choses soient claires, j'adore Replicas. Mais Tubeway Army, par la force des choses, est une perle rare, une petite pépite. 
En pleine explosion punk, Gary Numan lui, veut jouer du synthé. Mais voilà, les producteurs veulent quand même du punk. Qu'à cela ne tienne, Gary Numan mélange les deux. Et paf, badaboum, un résultat qui déchire. 
Les chansons sont bourrées de référence à la SF (et pas la plus optimiste du monde), ce qui ajoute une tonalité sombre à la vitalité brute.
Y'a les nappes de sons froids de Numan, y'a son chant glacial et désincarné mais y'a aussi les guitares déchirantes bien punk et les chœurs qui viennent parfois s'incruster. Dès l'album suivant, Numan va se débarrasser de ce côté punk, garder, bien sûr, un aspect rock mais il va surtout se concentrer sur l'électronique. Alors, j'adore, hein, mais quelle belle surprise que de découvrir ce brouillon plein de vie et irrévérencieux. C'est Kraftwerk passé à la moulinette londonienne de 77, avec un saupoudrage bowiesque par dessus. Impossible de ne pas kiffer sa race, quoi. En gros.



GARY NUMAN
Telekon
1980
On reste avec Mister Numan, pour son quatrième album (et deuxième sous son nom "en solo"). Enregistré en 1980, il suit The Pleasure Principle, chroniqué ici il y a fort longtemps. 
Cet album, là encore, j'étais un peu passé à côté puisque pour connaître plutôt bien The Pleasure Principle, je n'avais pas vraiment écouté sérieusement Telekon. Trouvé sur un étal, je n'ai pas hésité (d'ailleurs, c'était la période puisqu'en deux semaines, je trouvais Tubeway Army, Telekon et Dance) et cela m'a permis d'accorder l'importance qu'il mérite à cet album emblématique. Emblématique car il constitue, selon les propres dires de l'intéressé, une influence énorme chez Trent Reznor. Le monsieur ne se lasse pas d'expliquer qu'il écoutait cet album en boucle, à la fois intrigué, passionné, effrayé... 
On a quitté depuis longtemps les terres du punk et même si la formation a abandonné son nom, on la retrouve dans les musiciens accompagnant Gary Numan. Énorme succès populaire et cible favorite des pisse-copies de la presse musicale anglaise, l'album est le troisième N°1 que Numan place en un peu plus d'un an. Difficile d'imaginer à l'époque l'emballement populaire pour ce type étrangement fringué, à l'attitude bizarrement détachée, vilipendé par la presse et par les dinosaures du rock des 70's. Si on compare avec le soufflet des années 1980 et la reprise, solide mais mesurée, depuis la seconde moitié des 90's, on peut en déduire que c'est durant ces deux, trois ans que Numan va vendre plus de 10 millions d'albums.
Alternant ou mélangeant les moments rock (ce qui le distingue de pas mal de ses confrères electro-bidouilleurs qui eux, ont pris un virage 100% synthétique), les nappes électroniques, les sonorités synthétiques ciselées, tout ça tenu par une batterie traditionnelle et des passages au piano de toute beauté, les voix presque robotiques de son chanteur surgissant d'un passage ambiant, Telekon est une sorte d'ovni qui va influencer un nombre considérable d'artistes, qu'on retrouve maintenant dans le rock, le rock industriel, le hip-hop, l'electro et compagnie... 
Les thèmes chers à Numan, évoqués plus haut, sont ici magnifiés et le climat pesant et bien froid de son univers dystopique exsude de tous les titres. 
Bref, c'est biengue.


En août, on essaiera de parler d'autre chose que de musique britonne punkoïde, promis.  

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