mardi 21 avril 2015

Les Enfants du Rasoir

J'aime d'amour Joe R. Lansdale.  

Et quand celui-ci s'attaque au fantastique, délaissant un peu les polars âpres, je l'aime encore plus. (et quand le très bon Jim Mickle, que j'aime d'amour aussi, se met en tête d'adapter un de ses romans, je dis banco, film de l'année, fermez le ban, point barre).

Les Enfants du Rasoir, c'est l'histoire d'un couple et d'une meute.
Le couple, c'est elle, qui vient d'être violée et qui a failli être assassinée, tente de se reconstruire. Et lui. Lui essaie de se raccrocher à l'idée qu'il n'était pas là au moment du crime mais que s'il avait été présent, tout aurait été différent. Mais il n'est pas dupe. Il sait qu'il est lâche, depuis l'enfance et qu'il n'aurait probablement pas eu le courage de défendre sa femme. 
Elle, elle le sait aussi et leur relation est plus qu'au point mort. Ils décident cependant de changer d'air et d'aller prendre un peu de repos dans un chalet appartenant à un couple d'amis.

Eux, la meute, ce sont de petits délinquants, des récidivistes, qui commençaient à salement mal tourner, à commettre des exactions terribles, des meurtres sadiques, pour le plaisir, une bande à la Manson, menée par le violeur, un type froid comme l'enfer en juillet. Jusqu'à ce que celui-ci se fasse arrêter et se pende en détention. Aujourd'hui, c'est l'ancien adjoint qui règne. Et il est bizarre, de plus en plus bizarre. Comme possédé. Devinez par qui ? Vous commencez à piger ? Rajoutez encore quelqu'un d'autre, d'encore moins recommandable, dans la tête de ce gamin...
A se demander si le pauvre type qui roule des mécaniques et sa nana qui traîne les pieds, qui viennent de rejoindre la bande, ne vont pas s'en mordre les doigts... Voire pire...

Ajoutez un flic facho, un autre un peu moins, un pompiste vieux qui collectionne les bonbons moisis...

La rencontre est inéluctable. Et avant que les deux itinéraires se rejoignent, va y avoir du sang, de la viande et de la souffrance. 

Le roman est construit crescendo, Il prend son temps pour construire son ambiance, nocturne, rurale, angoissante. Le style est un véritable délice, les métaphores, exercice dangereux, passent ici comme le fil du rasoir sur la couenne d'une victime. C'est rock, pêchu, populaire, bref, tout ce qu'un thriller peut vous offrir, la dimension tanrantinieno-post-modern en moins, ici, c'est du premier degré, du vrai, du dans-ta-face.  

A la croisée du ciné d'exploitation, du slasher, des romans de Masterton, du trhiller horrifique, Les Enfants du Rasoir vous promettent quelques moments d'une lecture prenante.

Hautement recommandé.

Saluons, pour conclure, la belle traduction de Gilles Bergal.

Bref, à vous procurer d'urgence.

4 commentaires:

  1. Il est dans ma gigantesque PAL. Va vraiment falloir que je m'y colle !

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    1. Oui, il mérite, je pense, de remonter quelques places ! :)

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  2. Grâce à Angers, j'aime les barbus maintenant. :)

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