mercredi 18 mars 2015

Musique 22, les 5 albums de mars 2015

Pour une fois, c'est pas à l'arrache...



ZZ TOP
Rhythmeen
1996
J'avais chroniqué il y a peu le tout dernier album du trio texan, que j'avais beaucoup apprécié. Celui-ci était considéré par beaucoup de chroniqueurs comme le retour aux sources pour le Little Ol' Band from Texas avec son son rugueux, l'absence de synthétiseurs et une production de Rick Rubin assez sobre, laissant le plaisir oreillère de (re)découvrir les tessitures grasses de la guitare de ce bon Billy. 
Ce serait oublier le très sympathique Rhythmeen, qui date de 1996, et donc de presque 20 ans. 
Rhythmeen signait à l'époque le véritable, le vrai de vrai retour à ce son pré-80's qui a caractérisé longtemps ZZ Top. Ici point de machines, point d'effets digitaux ou presque, juste la formule guitare, guitare rythmique, batterie et le son des débuts, sans reverb excessive, qu'elle soit d'origine ou rajoutée par des producteurs peu scrupuleux. 
Et même si j'apprécie le groupe dans sa période MTV (bon, à l'exception des ballades), je préfère quand ça sonne blues gras et limite garage, forcément. Ici, je suis verni. Quelques belles perles là dedans: Vincent Price Blues, un bel hommage mais aussi et surtout le morceau qu' Une nuit en Enfer a popularisé She's just killing me. Cependant, cet album contient beaucoup de titres qui valent le détour, en fait, y'a même pas grand chose de mineur... 
Comme pour certaines des galettes chroniquées le mois dernier, y'a comme un effet de "ah, on était pas morts et on va vous montrer que tous ces petits nouveaux, là, ce sont nos gamins..."
Si vous avez aimé La Futura, si vous aimez le blues rock efficace, joué par les maîtres du genre, n'hésitez pas et jetez une oreille à cet album. 


DAS ICH
Anti'christ
2002
Il y a quelque chose de Die Propheten, le grand et bel album de 1991 chez cet Anti'christ là. La thématique, déjà, religieuso-nietzschéenne mais pas seulement, on sent le souffle putride de cette darkwave, cette electro funeste (c'était une catégorie dans un catalogue de vente par correspondance, ne riez pas) avec presque autant de force. 
Presque car là où l'album fondateur de Das Ich était très sobre, avec un travail presque minimaliste, ici, c'est bien plus riche. Progrès techniques aidant, le cri maladif dans une cellule vide devient une sorte d'orchestre oppressant aux textures ciselées. On sent tout le soin apporté aux sons. L'orchestration, riche mais maîtrisée ajoute une dimension supplémentaire, quelque chose de plus vaste, de plus apocalyptique. 
Ce sont comme les deux volets de la même obsession, l'un dans les ténèbres, l'autre dans la lumière de la fin du monde. C'est presque deux disques qui se suivent et continuent de raconter la même histoire. Dieu est mort criait Stephan dans le sublime morceau éponyme (mais en teuton) de Die Propheten. Il annonçait l'apocalypse. Celle-ci a lieu dans anti'christ, car c'est à présent Krieg Im Paradies (je l'adore ce morceau)... Les plus rôlistes d'entre vous l'auront compris, vous tenez là un beau dyptique pour jouer à Kult... 



SIR LORD BALTIMORE
Kingdom Come
1970
Le terme heavy metal aurait été inventé pour chroniquer cet album, mes amis. 
C'est ce que j'ai pu lire ici et là dans quelques chroniques (notamment chez Destination Rock). 
On pourrait donc s'arrêter là, non ? 
Mais bon, je continue un peu, pour le plaisir, comme dirait Herbert.
Cet album du power trio américain, qui fait partie de cette belle vague de formation du proto hard rock de la fin des années 60, tout début des 70's (avec Orang Utan ou Wicked Lady, notamment, chroniqués dans l’œil) délivre un rock lourd, incroyablement puissant, lorgnant du côté de Led Zeppelin mais aussi du tout récent Black Sabbath, sorti un peu plus tôt. Mais ici, c'est quand même à l'américaine, avec ce petit côté blues pêchu qu'on retrouve également chez Grand Funk Railroad... 
Déjà, la musique est impressionnante mais ce qui m'a fait faire tilt sur ce groupe, c'est l'incroyable chant. John Garner chante, enfin plutôt il hurle, il imprèque (j'ai le droit), il invoque... Son chant est d'une puissance que peinent à contenir les musicos. Et quand on sait que le monsieur était batteur en même temps, quand on écoute comment il hurle et comment il maltraite ses fûts, on se dit qu'il devait carburer à l'ovomaltine et pas qu'un peu. 
Deux albums (notamment disponibles dans un seul et même CD chez Red Fox Records) et un retour de nos jours, avec un membre en moins mais un album en plus pour chanter et réinterpréter leurs morceaux sous un angle rock chrétien, bon, on va faire l'impasse. Ce premier album (et en attendant la chronique du second), est, pour les fanas de ce courant musical, un achat à faire en urgence.



PUBLIC IMAGE LIMITED
Live in Tokyo
1983
J'aime beaucoup PIL, leurs trois premiers albums, notamment. Et même This Is What You Want... This Is What You Get (même si je reconnais qu'il est un très bon gros cran en dessous mais surtout, il n'a pas la même démarche).
PIL, c'est un peu comme The Fall. En pire ? Dans le sens  post-punk jusqu’au-boutiste difficile à défendre mais carrément addictif quand on aime (et carrément repoussoir quand on a du mal). 
Ce live est un bon compromis entre les expérimentations post-punk et l'album new wave contenant le hit de PIL. Joué ici d'ailleurs, sans ses cuivres, de manière plus "sobre" et tout aussi efficace. 
Ce live de 1983, vu sa date, intègre forcément essentiellement des titres des trois premiers albums, qui sont peut-être ici plus accessibles que sur leurs galettes d'origine. 
Ce live, propre, avec un son très typé début des 80's (très belle basse notamment mais aussi claviers valorisés) peut donc constituer une porte d'entrée pour découvrir le groupe et ses fondamentaux. Bien sûr, le gourmand pourra ensuite aller se plonger dans les étranges et sublimes percussions de Flowers of Romance (quel album, celui-là) voire même chercher du plus immédiat auprès de This is PIL, le premier album enregistré depuis 20 ans (et un très bon moment de musique).



THE ROLLING STONES
Some Girls
1978
En cette année 1978, les Stones sont sur la sellette. Déjà, Keith Richards risque gros, il passe en procès au Canada pour des histoires de drogue et risque dans les 7 ans de prison (il s'en sortira en faisant un concert pour une bonne cause, finalement) et les Pierres qui roulent sont durant cette fin de décennie, pas mal bousculés par la vague punk qui n'hésite pas à traiter toutes les vieilles gloires en Rolls Royce des années précédentes de dinosaures. 
Certains, comme Bowie et Pop, partent dans leur coin et ne cherchent pas à rivaliser sur leur terrain (ce qui donnera le sublimmmissssime Low où le roi David prend de l'avance en préfigurant ce qui suivra quand les punks se seront (auto-)digérés). D'autres comme les Rolling Stones, qui ont produit précédemment quelques albums jugés plutôt moyens (même si le mal côté Black and Blue mérite amplement qu'on l'écoute), sont à un point presque critique, en risque d'explosion sévère. Addictions diverses, mésententes, épée de Damoclès juridique donc... Et puis plus grand chose à prouver, plus grand chose à défendre... Comment se motiver ? 
Mais si, quand même, ils se disent. 
Et  de s'attaquer à leur nouvel album. Et pas n'importe lequel. Production aux petits oignons, casting resserré pour un retour au rock basique... On sent la volonté de revenir aux fondamentaux. On sent aussi une certaine influence américaine sur ce disque (Destination Rock, eux encore, explique que c'est peut-être du à la vie new-yorkaise de Jagger). J'ai l'impression que The Strokes a beaucoup écouté cet album, notamment. 
Qu'on ne s'y trompe pas, même si cet album contient leur méga-hit Miss You aux oripeaux disco, il ne peut pas se réduire à ce morceau emblématique. Il est encore plus intéressant après. Ultra pêchu, électrique à donf, rock urgent, parfois blues impeccable, avec une prod qui le rend assez intemporel et un chant de Mick Jagger qui assure grave de la corde vocale, Some Girls est un peu le second souffle des Rolling Stones, qui, par la suite, vont un peu (oui, je suis indulgent) se perdre dans les années 80 avec une succession d'albums plutôt moyens, comme toute bonne star des 60's,70's...


Rendez-vous en avril (fil, découvrir, tout ça) pour les 5 prochains disques !

Commentaires bienvenus, bien sûr.

En attendant, allez lire les critiques chez http://www.destination-rock.com/
Ils sont bien plus talentueux que moi et plus nombreux donc y'a de quoi s'occuper.

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