vendredi 27 février 2015

Musique 21, les 5 albums de février 2015

Yolo, c'était juste, encore une fois...



LEFT LANE CRUISER
Rock Them Back to Hell!
2013
Left Lane Cruiser, c'est un peu comme les Black Keys, un duo branché blues électrique, un brin gras et crasseux, aimant les sonorités saturées et les ambiances style fin fond du bayou. 
Left Lane Cruiser, c'est un peu comme les Black Keys mais du début, quand le son était encore bien gras (notez bien que j'ai rien contre leurs derniers albums).
Et Left Lane Cruiser, c'est aussi un petit côté punk en plus. Ce qui donne une touche très "tarantinesque", comme si ce groupe aurait pu sonoriser l'un des films du réalisateur, dans la lignée de ce qu'avait pu faire ZZ Top pour Une Nuit en Enfer. 
Les titres burnés s'enchaînent sans faillir, faisant ressortir de terre tous ces zombies symboles d'une Amérique redneck à travers les générations. Ça sent les marécages (même si le groupe est originaire de l'Indiana), le bourbon, les bars louches et compagnie. A priori, il s'agit du premier véritable album où le duo a pu enregistrer ce qu'il voulait sans avoir de soucis de thunes, donc avec une certaine liberté créative. 
Proposant un cocktail à présent bien connu à base de blues rock punk à l'esprit garage, Freddy J IV et Bren Beck connaissent leur sujet et délivrent là un album qui donne envie d'aller déterrer quelques cadavres pour faire la fête (oui, bon, doit y avoir d'autres moyens d'occuper ses week-ends, j'en conviens).



ALICE COOPER
Brutal Planet
2000
Je crois que jusqu'ici, je n'avais pas encore chroniqué d'album d'Alice. C'est une regrettable erreur car j'aime beaucoup le bonhomme, possède une partie non négligeable de sa discographie et ai eu l'occaz de le voir plusieurs fois en concert. 
Sur cet album, Alice Cooper prend le train du rock industriel en marche mais pour aussitôt réclamer le droit de faire mumuse avec la loco.
En effet, il remet les pendules à l'heure et vient réclamer son dû. Car Alice, c'est un peu le pape de ce shock-rock qu'affectionne, au même moment, un certain Marilyn Manson... 
Allant jusqu'à récupérer le riff de Beautiful People pour son Cold Machines, le boss du macabre, le parrain de Rob Zombie, explique un peu à tous ses gamins turbulents qu'il est toujours dans la course.
Et le pire, c'est qu'il assure, le doyen. Son album est froid. Très froid. Dur, très dur. Bye bye les boogeymen, les Frankenstein adolescents, les Jason... Sur cet album, Cooper parle de ce qui le terrifie le plus; à savoir: les actualités. Conflits armés, mass murderers, violences conjugales, tous ces sujets graves viennent plomber un album aux sonorités lourdes et bien métalliques.
Alors forcément, c'est moins gaudriolotique que ses disques plutôt heavy des 80's mais cette incursion (qu'il poursuivra sur l'album suivant, Dragontown, un peu moins réussi selon moi) du côté industriel du rock aboutit à proposer un truc qui se tient bien, aux titres avec un véritable impact. Bon, évidemment, y'a la petite ballade kitschouille habituelle, mais bon, ce serait passer à côté d'un excellent album que de bouder ce Brutal Planet.



JOHN CARPENTER
Lost Themes
2015
J'attendais cet album comme un petit fou. Et puis, j'ai pu l'écouter sur le net. Et là, paf, déconvenue, un peu, quand même. 
En fait, j'imaginais un truc hyper sobre, minimaliste et tout, dans la lignée des travaux d'Assaut. Pourquoi donc ? Je sais pas trop. Je pense que je m'étais construit l'album dans ma tête.
Alors forcément, ce Lost Themes me paraissait parfois trop riche, intégrant des sonorités qui me dérangeaient. L'acheter n'était plus la priorité ultime.
J'ai décidé cependant, en en discutant avec quelques bons potes, de lui donner une seconde chance, pour de bon, au casque et avec de vraies enceintes, pas avec les naines du PC.
Et là, la bonne claque mes amis.
Comment que j'étais passé à côté du truc ! Lost Themes, c'est de la musique de film, ouais, mais pas que, c'est aussi une manière pour le maître, à la manière de Giorgo Moroder (aidé par Daft Punk) de rappeler qui c'étaient les vrais boss de la BO De films electro dans les années 80. Alors forcément, en ce moment, avec Kavinsky et compagnie, on baigne dedans. Et Carpenter, à la manière d'Alice dans l'album au dessus, vient rappeler un peu que bon, hein, quoi, quand même. Exercice risqué car si plantade il y a, ça fait mal. 
Avec Lost Themes, c'est pas le cas. Alors parfois, bon, malgré tout, des sonorités un brin kitsch(à mon goût) viennent un peu caviarder les morceaux et font un bref moment retomber les ambiances savamment construites. Mais pour le reste, ces longs morceaux sont d'une grande richesse, sonore et dans leur construction et dégagent des images puissantes. Tous ne sont pas forcément ultimes mais tous, à un moment ou à un autre recèlent un putain de passage qui fait s'écarquiller les oreilles. 



MARILYN MANSON
The Pale Emperor
2015
Au début de ces chroniques musicales, j'avais chroniqué le dernier né de Manson, appréciant celui-ci mais regrettant que Brian Warner n'ose pas quitter ses oripeaux...
Bon, je pense qu'il lit ce bloug mes amis car il a écouté mes conseils !
Toute plaisanterie mise à part, Marilyn Manson a vraiment décidé d'aller voir ailleurs s'il l'était avec ce nouvel album. Recrutant Tyler Bates, le gars qui fait des musiques de films et travaillant en duo, il accouche d'un album d'indus-blues assez hallucinant de maîtrise et de sobriété. 
Alors bon, ça reste quand même du Manson, c'est pas non plus Robert Johnson, mais il y a sur cet album un souffle blues somme toute assez délicieux. Porté par des riffs de guitare au poil et sans les effets reznoriens qui faisaient aussi la marque de fabrique du révérend, The Pale Emperor est étonnant de simplicité et offre un aspect direct et une franchise qui surprend, quand on est habitué à l'oeuvre souvent riche, baroque et chargée du bonhomme. 
Egalement à noter, le chant de Manson, qui ici prend de nouveaux virages, surprend parfois.
D'ailleurs, pour pleinement apprécier ces nouveaux accents musicaux, il est recommandé d'investir dans la version deluxe qui propose trois titres acoustiques de toute beauté. 



ORANG-UTAN
Orang Utan
1971
Avec Orang-Utan, on lorgne du côté de Wicked Lady, dont j'avais chroniqué les deux galettes, il y a déjà un petit moment de cela. Même époque, le tout début des années 70, même pays: le Royaume Uni, même destinée: des morceaux assemblés par d'autres pour en faire un album, même carrière très brève, même oubli relatif, et surtout, même style musical, à savoir cet espèce de proto hard-rock metaloïde, du rock heavy psychédélique et compagnie. 
C'est un peu comme Black Sabbath qui rencontre Led Zeppelin, c'est lourd, lent, avec des guitares qui s'affrontent et qui saturent et un chant parfois hurlé, délivré pourtant par un chanteur qui n'avait qu'un poumon (et pourtant quel coffre, mes aïeux).
C'est parfois basique mais justement, ça rend la chose puissante et efficace, à la manière de Grand Funk... 
Mais bien évidemment, Organg-Utan n'est pas qu'un décalque de ses prestigieux voisins, sinon cela n'aurait pas forcément d'intérêt. Ici, on sent tout le souffle d'une époque, qui visiblement, a été très riche en groupes géniaux dont malheureusement, l'histoire est loin d'avoir retenu tous les noms. Qu'il devait être bon d'aller boire une bière et écouter des formations jouer dans les pubs le week-end, à Londres, à la fin des années 60... Parce que passer sa soirée bercé par les morceaux impressionnants d'Orang-Utan, ça devait être assez planant. Il faut absolument écouter Chocolate Piano.

Voili, voilou... Rendez-vous en mars pour la prochaine sélection musicale...
Commentaires bienvenus, comme d'hab. 

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