mercredi 7 janvier 2015

Dans la bibliothèque à Pépé

Ceux qui suivent un peu ce que j'écris ici ou là le savent peut-être déjà, j'ai eu l'honneur de rejoindre l'équipe du fanzine la Tête en Noir, il y a un peu plus d'un an. 
Ce contact s'est notamment fait grâce à l'association ImaJn'ère, dont j'ai été membre pendant deux ans et rédacteur à la Tête en l’Ère

J'ai donc alimenté une rubrique intitulée "aux frontières du noir"
En effet, je cherchais à proposer des passerelles entre SFFF et polar, dans l'esprit qui habite l'association ImaJn'ère. Avec mes chroniques, j'avais envie de proposer aux vieux routiers du noir d'aller parfois chercher un peu d'exotisme dans des mondes futuristes, fantasy ou intégrant des éléments fantastiques. J'ai donc chroniqué plusieurs romans qui comportaient -selon moi- une solide intrigue policière mais qui se déroulaient pour autant dans des mondes appartenant à la SFFF. 
Je savais que cette orientation, très ciblée, ne permettait qu'une durée de vie limitée à la rubrique mais en attendant d'être à sec, il y avait de quoi bien s'amuser.

Un événement est venu bouleverser mes plans: le décès de ma grand-mère. Ma grand-mère était une lectrice acharnée, à la bibliothèque fournie. J'ai beaucoup échangé avec elle, depuis l'enfance, à propos des bouquins, de mes lectures, des siennes, de mes romans, qu'elle lisait systématiquement. Mais feu son mari, mon grand-père, que j'ai connu petit, était également un gros lecteur. 
Mais d'un genre plus particulier. Là où ma grand-mère lisait beaucoup de fresques romanesques, de romans historiques, lui, il était fana de littérature populaire, du genre à collectionner les Fleuve Noir Espionnage, Spécial Police, les SAS, les Presse Noire et autres Carré Noir...

Je savais ma grand-mère très attachée à ses livres (et à ceux de mon grand-père).
Elle tenait un petit carnet dans lequel elle notait ses réflexions, ses pensées, ses humeurs du moment... Ses inquiétudes lors des émeutes des banlieues voisinaient le temps de gestation des baleines (véridique). Dans ce petit cahier, ma grand-mère avait fait part de son attachement à ses livres et se demandait avec inquiétude ce que deviendrait sa bibliothèque quand elle ne serait plus là. 

Cela n'a pas été facile, j'ai du faire le forcing mais j'ai évité qu'elle ne soit dispersée, refilée à une association, balancée à la déchetterie...

Et je suis fier aujourd'hui, d'offrir une seconde vie à cette collection, en mélangeant les ouvrages de mes grand-parents aux miens. Ainsi, j'ai l'impression de faire ma part pour respecter sa volonté.
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Petite partie du fond, qui est ajouté petit à petit, ici la collection
Espionnage et assimilés
Bien sûr, voir les dos de ces bouquins me fout encore parfois sacrément le bourdon mais j'y vois comme un lien tissé entre eux et moi, malgré tout. 

Et point important: ces bouquins sont passionnants. 

Je ne me contente pas de les entasser que par principe ou uniquement pour respecter la volonté de ma grand-mère mais j'en profite pour découvrir des auteurs et des intrigues passionnantes. C'est comme si mon grand-père que je n'ai pas beaucoup connu, me refilait des conseils de lecture.

D'où ma décision de balancer un petit coup de projecteur sur eux, un hommage donc, mais également la volonté de suggérer de se plonger dans ces romans à quat'sous qu'on trouve dans les vide-greniers et chez les bouquinistes (à ce propos, je voudrais faire part de mon soutien à Phénomène J, qui traverse un coup de tabac à cause d'un satané dégât des eaux - mais j'y reviendrai dans un prochain article quand j'aurais plus d'éléments sur la stratégie de sortie de crise). 

Je voulais montrer que toute cette littérature populaire, abattue par des monstres de travail, des gens du genre à écrire 80 romans sous une demi-douzaine de pseudonymes, dans des collections aussi variées qu'Angoisse, Espionnage ou Special Police, mérite qu'on s'y arrête, qu'on la considère comme ce qu'elle est: un divertissement efficace et rondement mené, qui, en plus, peut aussi emmener plus loin dans la réflexion si on en a envie. 

Les Special Police, SAS, James Hardley Chase et autres...
Je sais que certains, parmi vous qui me lisez, êtes déjà des convertis, je pense notamment à Artikel Unbekannt, qui a une sacré collection de romans Angoisse. C'est Artikel qui m'avait déjà fait découvrir une partie de ces collections, il y a deux, trois ans.

Pour les autres, ceux qui ne connaissent pas trop ces collections et ont envie d'en savoir un peu plus, je les invite donc, dès ce début d'année, à télécharger le doyen des fanzines français de polar gratuit, la Tête en Noir, où j'ai donc l'honneur et le plaisir d'officier dans ma toute nouvelle rubrique:


"Dans la bibliothèque à Pépé" à déguster (j'espère que ça vous refilera envie d'en lire) dès janvier 2015...

Et pour attirer les plus gourmands d'entre vous, voici déjà ma très probable seconde chronique dans cette rubrique: 
Haha, je sens que je viens de capter quelques futurs lecteurs assidus !!




En attendant: 

par ici pour télécharger le dernier numéro (le dernier de 2014).

Et c'est PAR ICI, CLIQUEZ, pour télécharger celui dont je cause (le 172), justement...


Je vous souhaite de bonnes lectures pour cette année 2015 et vous dis à très bientôt pour les 5 albums du mois (je vais tout faire pour partir du bon pied, gniiii).

2 commentaires:

  1. Artikel Unbekannt8 janvier 2015 à 13:31

    Superbe article.
    (Et je ne dis pas ça parce que j'y suis cité, même si ça fait quand même bien plaisir ;)).
    Je suis vraiment heureux que ces beaux romans connaissent une deuxième vie. Heureux pour tes grands-parents, heureux pour toi, et heureux de ce lien qui se trouve ainsi renforcé entre vous. Et puis, à titre personnel, je me réjouis par avance de découvrir grâce à tes futures chroniques des petites perles trop méconnues.

    Une petite éclaircie en ce début d'année bien sombre.

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    1. Merci beaucoup !
      (oui, sale, très sale début d'année)

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