mercredi 27 août 2014

Musique 17, les 5 albums d'août 2014

Août, les vacances se terminent pour certains. Pour moi, elles commencent (gniark).
De quoi écouter sur la route du travail ou même au boulot, pour les plus aventureux...


THE KENTUCKIANS
The solid bluegrass sound of The Kentuckians
1965
Le bluegrass est une branche de la country, qui entend repopulariser l'Old Time Music. Style qui date des années 40 et puise son inspiration majeure dans la musique des Appalaches, qui elle-même s'était construite en mélangeant blues, country et musique irlandaise. C'est pas moi qui le dis, c'est Wiki. 
Le bluegrass, c'est comme de la country donc, mais en plus rétro, il y a comme un indéniable souffle de far-west, de cowboys et de musique de saloon. Solos de banjos endiablés, chœurs masculins et interprète qui part dans les aiguës, s'arrêtant juste avant le "yeeeah-haa !" que vous avez envie de lâcher en attrapant votre colt (faites gaffe à votre voisin du dessus). 
Pas facile de trouver des informations sur le groupe, je vais donc juste me borner à vous dire qu'on dirait un peu les Soggy Bottom Boys d'O Brother. Diablement entraînant et surtout avec une espèce de nostalgie d'une époque qu'on a l'impression de connaître sans pourtant n'y avoir évidemment jamais vécu. 
Et mention spéciale à la plus belle pochette, quand même !


CARTER BURWELL
Blair Witch 2 (original motion picture score)
2000
Oubliez la daubasse qu'est le film et précipitez-vous sur sa BO, pas celle des groupes, celle du compositeur. Carter Burwell en l'occurrence, qui livre avec Blair Witch 2 une composition naturaliste tout simplement incroyable. 
Galets qui s'entrechoquent, percussions zarbi à base de cailloux, filets d'eau, tout concourt à vous donner l'impression que vous arpentez un bois, une forêt malsaine dont vous aurez vite envie de sortir. Sonorisation idéale pour rôlistes mais également musique d'ambiance pour lectures champêtres ou séances d'écriture bucoliques, cette BO est portée par un thème récurrent très puissant, qui explose notamment dans le titre Still In The Hills, presque "oriental" dans sa mélodie et son mélange tribalo-électrique. 
Ce qui nous amène doucement à la chronique suivante, dans une transition digne des beaux jours du Top 50, ça, mémère !


SPK
Zamia Lehmanni - Songs of Byzantine Flowers
1986
Le chef d'oeuvre absolu, la beauté gravée sur galette. LE disque à écouter au casque, seul, sans personne autour. 
Avant de sonoriser, avec succès, des films, Graeme Revell faisait partie de SPK. Ce collectif d'infirmiers psychiatriques australiens qui jouait sur scène avec des lapidaires ou des scies circulaires et s'intéressait particulièrement à la folie, aux compositions musicales d'aliénés et autres joyeusetés a produit parmi les plus beaux albums de musique industrielle. 
Et puis, Revell, seul aux commandes, décide de radicalement changer sa musique. Il passe par une case coldwave sur laquelle je ne m'étendrais pas (je n'ai pas l'album et j'avoue qu'il me fait un peu peur, malgré tout le respect que j'ai pour le bonhomme) et revient ensuite, en 1986, avec ce bijou absolu. 
Mélangeant nappes angoissantes, sonneries sordides, sifflets de train, chœurs irréels et chants tribaux, Zamia Lehmani propose une succession de titres aussi déroutants que captivants. Une entrée en matière hyper efficace avec Invocation met tout de suite dans l'ambiance. Et c'est parti pour 9 morceaux à la croisée de la BO d'un film fictif entre Hellraiser, Inception et Cannibal Holocaust.


THE BLACK ANGELS
Passover
2006
A priori, leur nom viendrait du morceau du Velvet Underground. L'influence du groupe new-yorkais se ressent beaucoup dans les morceaux de cette formation texane. Mais pas seulement, aux délires sombres et protopunk de nos héros de la grosse pomme moisie, les Anges Noirs ajoutent une dose de psychédélisme un brin plus côte Ouest (le long du grand Pacifique, les vagues défient le temps !) à la The Doors et tout un tas d'autres groupes que je ne connais pas (encore). C'est sombre, psychédélique donc. Et très efficace. Le son est maîtrisé, crédible, au service de compositions intégrant habilement les codes de l'époque. Ce premier album est, semble-t-il, le plus sombre. Je ne les ai pas (encore) tous mais clairement, il ne donne pas trop à voir les couleurs de l'arc-en-ciel. Alors, à la manière de Kadavar, on pourra leur reprocher de rester un peu trop proches de leur modèles, de leurs grands frères mais après tout, il n'y a pas de mal à explorer un courant sur lequel les plus grands sont passé trop vite. C'est aussi le rôle de toutes ces formations modernes, continuer à explorer les grands axes défrichés par ces grands groupes, au destin, souvent, éphémère. The Black Angels s’acquitte de cette mission pour notre plus grand plaisir et avec un professionnalisme qu'on ne peut que louer. 


ATTICUS ROSS
The Book Of Eli (original motion picture soundtrack)
2009
Au diable les précautions oratoires, soyons péremptoire. Cette BO là (cette sélection mensuelle est très BO mais ce n'était pas calculé, je le jure, elle résulte partiellement - 4 albums sur 5 - des albums de référence personnels que j'avais prêté à Monsieur Darvel) est LA BO de film post-apo. Mélancolico-inquiétante, elle pose ses nappes aux sons distordus accouchés par le grand Atticus Ross tout au long de titres ciselés par ce grand constructeur de sons. Le bougre a du talent, et preuve s'il en est de son savoir-faire puisqu'il a attiré l'attention (avec cette BO ou pas, je l'ignore) de Monsieur Reznor himself lui-même. Le Trentounet saura d'ailleurs collaborer avec le monsieur sur une autre BO d'anthologie, Millenium et l'intégrera dans How to destroy angels, sa formation parallèle, avec l'autre laideron de chanteuse, Mme Marqueen Maanding aka Mme Reznor. C'est dire si le Ross, il sait bidouiller ses machines et trifouiller ses boutons pour offrir des trucs de guedin, des sonorités abrasives et languissantes que ne renierait pas un Eno des années 70's qui aurait débarqué d'un coup, comme ça, à notre époque. 


Rendez-vous en septembre pour les 5 prochains albums !




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