mardi 29 juillet 2014

Musique 16, les 5 albums de Juillet 2014

Y'a pas que le stoner dans la vie !



JACK WHITE
Lazaretto
2014
Jack White est de retour pour son second album solo après Blunderbuss. Un nouveau disque, donc, après la fin des White Stripes, une nouvelle galette dont l’iconographie (superbe) tape toujours dans les tons bleus, comme pour se sortir du rouge, blanc et noir de l’époque de son duo.
White, dans Blunderbuss, semblait avoir un peu de mal, seul qu’il était (contrairement aux Raconteurs), à faire face après s’être débarrassé de la sobriété imposée par le modèle de fonctionnement des Whites Stripes. Devant le boulevard qui s’offrait à cet hyperactif musical, on peut penser, et c’est mon cas, qu’il s’était un peu réfugié dans ce qu’il aimait, peut-être un peu trop, laissant le champ libre à ses influences profondes pour accoucher d’un album peut-être trop référentiel. Excellent, pêchu mais fortement marqué par ses modèles, Led Zeppelin en tête.

Ici, avec Lazaretto, White varie, se fait plaisir et aborde tout ce qu’il aime, du rap (si, si, et plutôt diablement efficace même), du blues, du rock, des balades folk, tout ça, tout ça… On sent bien évidemment toujours ce qui a construit le bonhomme mais il semble ici plus assuré, plus sûr de lui et nous offre un album où les pépites s’enchaînent, du début à la fin, véritable pot-pourri de la musique populaire américaine.


ROB ZOMBIE
Hellbilly Deluxe 2
2010
Je pourrais chroniquer le dernier album, que j’aime beaucoup. Je pourrais. Mais je crois sentir en moi une micro-chouille de préférence pour le précédent. Certes, il n’a pas la touche rétro shock rock des 70’s que nous distille le superbe Venomous Rat Regenaration Vendor (que je ne me priverais pas de chroniquer, donc, à l’occasion) mais il présente une variété telle dans l’œuvre musicale de notre bon vieux Robert Zombie  qu’il me semble tout indiqué de parler d’abord de cette suite au superbe, au formidââble Hellbillly Deluxe.
Difficile de faire une suite à cet album mythique, qui a forgé, encore à ce jour, l’image de Rob Zombie dans sa carrière solo. Ardu, pour le moins, d’aligner autant de hits tels que Living Dead Girl, Dragula ou Superbeast
Notre Rob est un malin. Il ne s’aventure pas sur ce terrain-là. Bien lui en a pris. Non, Hellbilly Deluxe 2 n’est pas une suite. Mais un nouvel épisode. Convoquant l’ensemble des boogeymen qui lui sont chers, l’artiste offre ici une succession de titres puissants où l’on voit que le bougre s’amuse. Plein d’une joie et d’une vitalité toute communicative, Hellbilly Deluxe 2 est un disque entraînant, à mille lieux du pesant (mais très bon hein) Educated Horses. Sur certains morceaux, il prend sa voix de plouc redneck (ok, pléonasme), sur d’autres (What?), le refrain fait penser au mantra d’un golio armé d’une hache qui, visiblement, ne comprend pas qu’il n’ait pas le droit de vous débiter en morceau.
Bref, un album acidulé, généreux, dynamique et appétissant comme un triple programme cinébis ricain. Tout ce que j’aime, quoi.


NEIL YOUNG & CRAZY HORSE
Ragged Glory
1990
Fallait bien ravaler sa salive et sa peur et contempler, en full frontal, la montagne imprenable qu’est Neil Young et sa discographie aussi monumentale que variée. Le truc plutôt flippant quand tu débutes juste à écouter ce que le bonhomme propose depuis presque 50 ans.
Forte était la tentation (décidément, c’est le mot clef de ces albums du mois) de causer du triple album Decade, patchwork de tout ce que peut pondre le Canadien, récupéré en 33t récemment sur un vide-grenier, à très vil prix. Mais non, ça aussi, ça faisait pas mal peur. Autant s’en tenir à un album plus facile : Ragged Glory, enregistré avec les compères du Cheval Fou. Ragged Glory, plus simple que Decade, forcément, c’est un tout unifié, un véritable album et non une triple galette de chutes diverses et variées. Moins bien ? Ca reste à voir car avec Ragged Glory, c’est le côté « guitare électrique vrombissante » de Neil Young qu'on se jette dans la tronche.
Pote de Kurt Cobain, ami avec les membres de Sonic Youth, c’est toute la vague grunge que préfigure cet album génial et bourdonnant. Les titres longs, costauds, à la rythmique lourde se succèdent et l’album se conclue par un hymne à Mère Nature. Iggy Pop était le parrain des punks, c’est Neil Young qui prend la relève, deux décennies plus tard, pour devenir le parrain des nouveaux crados chevelus en révolte, avec cet album. Celui-ci participera, par la suite, à la formation du son caractéristique de Seattle et de tous ces jeunots qui en ont marre, et on les comprend, des excès des 80's.
Je serais bien en peine d’appréhender cet album au regard de ce qu’il a pu avoir comme influence sur le grunge, un mouvement que je connais encore peu, au-delà de quelques albums sur lesquels j’ai pu jeter une oreille.  Ce que je sais, par contre, c’est que j’aime beaucoup cette débauche d’énergie électrique, cet esprit « garage » jusqu’auboutiste, au service de compositions impressionnantes et tout ça interprété par des virtuoses. Un grand disque, assurément. Pour vous en convaincre, esgourdez donc  F*!#in' Up.


ZZ TOP
La Futura
2012
Les plus barbus, les plus texans, les plus triplés d’entre vous se demandaient peut-être combien de temps j’allais encore ignorer ZZ Top. Et dieu que je les comprends.
Retour au studio après 9 ans d'absence et deux albums précédents jugés miteux par beaucoup, ZZ Top n'était pas tant que ça attendu au tournant, plus grand monde donnait cher de leur peau après 14 albums et 42 ans de vie commune. 
C'était sans compter La Futura. Enregistré sous la houlette de Rick Rubin, le gars à qui on doit, entre autre, la "renaissance" artistique et crépusculaire de Johnny Cash. La Futura est à la fois un retour au blues rugueux et gras du trio et en même temps une preuve marquante que ça pulse toujours chez  le Little Ol' Band From Texas. Pas super futuriste pour un peso mais plutôt retour actualisé aux racines, La Futura est un bon, très bon disque de ZZ Top. Ok, les compos sont pas follement originales, à l'exception du travail déstructurant de la première chanson et hymne de l'album. Mais il suffit de jeter une oreille à ce son gras, à ces riffs entraînants exécutés avec toute la simplicité du monde pour adhérer au boogie endiablé du successeur officiel de Jimi Hendrix. La voix rocailleuse, qui fleure bon la clope et le ouïski de Gibbons fait des merveilles, même dans les ballades sirupeuses qui feront irrémédiablement penser à la période hard-FM du groupe.
C'est dire, j'étais parti pour chroniquer Degüello, que j'adore, avec lequel je les ai découvert et finalement, leur dernier bébé s'est imposé à moi au dernier moment. 


HOCICO
Signos de Aberracion
2002
On change de registre, c’est le moins qu’on puisse dire. Je me disais qu’Artikel Unbekannt n’avait pas eu sa chronique electro depuis un moment. Non pas que j’ai la prétention de lui faire découvrir quoi que ce soit en la matière mais plutôt parce que l’electro, l’indus et l’electro-indus sont aussi  des courants musicaux qui me tiennent à cœur et que j’écoute, peut-être moins qu’avant mais néanmoins régulièrement quand même. Je tiens donc à essayer de leur offrir ici la place qu’ils méritent.
Le duo de Mexicains formant Hocico fait de la musique électronique. Ok. Cependant, n’en déplaisent à quelques tristes sires gothicautocentrés, c’est autre chose que Dance Machine. Bien autre chose. Ou alors une sorte de Dance Machine infernale, animé par un freak faisant office de Barnum et au programme constitué d’une succession d’abominations musicales déglinguées et malsaines. Dans ce cas, ok, je veux bien me coller devant M6, un mug de sang tiède à mes côtés.
Les disques de Hocico sont poisseux, sombres, glauques à souhait. Leur electro est celle qu’on s’attendrait à entendre dans une quelconque boite de vampires, mais pas le truc que fréquenteraient des vampires qui brillent ou même des suceurs de sang distingués fringués à la Lestat. Non, là, on parle d’un club souterrain, clandestin et crado, où se tortillent des créatures d’un autre âge au milieu de cafards, d’ordures et de rats. Le DJ a un sourire refait avec des clous et la barmaid essaie de vous violer tout en s’amusant à vous prélever la plèvre avec ses griffes qui puent la merde. C’est dire si l’endroit est accueillant. Et c’est pile poil cet album qui pourrait tourner sur les platines, ce mélange d’énergie synthétique et de désespoir électronique dont les martèlements EBM viennent terrasser vos oreilles. Avec quelques espèces d’intermèdes déprimants au clavecin… A écouter à fond, de nuit. Bon, les voisins pourraient ne pas apprécier mais avec un peu de chance, vous attirerez l’attention des tauliers du club vampirique, pour terminer la soirée de manière mémorable.  


Avant le prochain billet musical, je vais essayer de vous causer de mes dernières lectures, y'avait du gros ! 

Et pis on fera le point aussi sur les chroniques de Stoner Road, car ça commence à tomber ici et là et c'est super cool. Supra cool, même. 

1 commentaire:

  1. Artikel Unbekannt1 août 2014 à 22:28

    Ah ben c'est drôlement gentil de penser à moi, merci ! :)
    Et oui, tu as mille fois raison, les gogoths qui crachent sur des groupes comme Hocico avec comme seul argument "les machines, c'est mal" feraient mieux de réviser leurs classiques. Alien Sex Fiend, les deux premiers Clan Of Xymox et les Sisters 81-87, par exemple.

    Et puis, tant qu'on y est, ça serait bien qu'ils apprennent à bouger, aussi. Parce que les petits haters, là, on sait très bien pourquoi ils ont cette attitude. Depuis le temps qu'on les voit se couvrir de ridicule en essayant de bouger leur pauvre corps malingre sur de la Cold-Wave anémique à 25 BPM, on a compris pourquoi ils n'aiment pas Front 242. ;)

    Mais bon, on va laisser ces tristes sires passéistes à leurs pathétiques illusions. Quoiqu'en dise certaine micro-chapelle en plein déni, les scènes ont évolué depuis longtemps (heureusement, d'ailleurs), et ont fini par se rencontrer. Mais ça, tout le monde le sait depuis la sortie de Die Propheten, de Das Ich, en... 1991.

    La Dark-Electro (ou Electro-Goth, voire Hellektro) se porte d'ailleurs très bien aujourd'hui, n'en déplaise à la poignée de petits cuistres parisiens susmentionnés . Et à l'instar de la scène underground allemande qui lui est encore fidèle en 2014, j'ai accueilli cette "evilution" à bras ouverts dès son arrivée.

    Elle m'a permis de continuer à écouter avec autant de plaisir Sex Gang Children ET Front Line Assembly, tout en ouvrant la porte à leurs héritiers naturels comme Hocico. Mais bon, moi je fais partie de ceux qui n'ont pas peur du changement et des mélanges. Et je pense aussi que le sang neuf, c'est mieux que la consanguinité.

    Désolé pour le pavé, amigo, mais c'était trop tentant.:)

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