mardi 11 mars 2014

L'incroyable Professeur Zovek

Zovek et moi, c'est une grande histoire d'amour. Comme toute bonne histoire d'amour, elle était partie pour limite ne pas exister. Je guettais avec impatience les films de luchadores de Bach Films, les PREMIERS!!! dvd français du genre mais je snobais pas mal ce titre étrange. Le mec, l'est même pas masqué, hé. Ringos...
Et puis bon, j'ai quand même commandé la série de 4 (le premier Santo, le premier Blue Demon, ici chroniqués, la Llorona et donc Zovek). Un lot, quoi.
Et puis bon, je l'ai regardé en dernier, limite je lui en voulais d'avoir pris la place d'un Mil Mascaras ou d'un autre Blue Demon genre Blue Demon Destructor de espias, avec Blue donc, et la sublime Maura Monti (hein, Bachounet, pleaaaase).


Et bin, j'avais tort. Wrong, wrong, comme dirait Depeche Mode. Je fais donc marche arrière, comme Depeche Mode, et me décide enfin à chroniquer ce film, pour moi culte, après l'avoir vu déjà 4 fois.

Je voulais même le re-regarder pour noter quelques répliques mais je n'ai pas eu le temps, je viendrais donc éventuellement compléter cet article avec notamment, la superbe séquence finale et le discours de clôture de Zovek, que je connais presque par coeur mais que je n'ose pas citer de mémoire.

Procédons:

Zovek, de son vrai nom Francisco Xavier Chapa del Bosque, était un roi de l'évasion mexicain, né en 1940. 
C'était également un prodige, capable d'empêcher 8 motos d'avancer en les retenant par les dents ou de faire, tranquillou 17800 abdos, les 200 derniers en soulevant son assistante, ou encore de nager pendant 8 heures pour récolter des fonds pour la Croix Rouge mexicaine. 
Repéré par le cinéma, il va signer un contrat pour 9 films. Malheureusement, un terrible accident d'hélicoptère alors qu'il se rendait à une interview auprès de journalistes japonais va lui coûter la vie, à 31 ans, juste après avoir tourné un film et demi. 
Le film inachevé, l'Invasion des mort-vivants, sera "sauvé" par l'arrivée de Blue Demon.
Son premier film, L'incroyable Professeur Zovek, est à découvrir chez Bach Films. 

Et il faut absolument le découvrir, justement.

Le professeur Zovek, doté de pouvoirs télépathiques, capte l'explosion d'un avion en plein vol, tandis qu'il méditait, paisiblement. Chose incroyable, il est censé y avoir 26 victimes, selon la liste d'embarquement. Alors que lui n'a perçu que 25 victimes. Et parmi les passagers disparus, trois physiciens, chimistes et astronomes très fameux, qui travaillaient sur un projet unique et incroyable mêlant centre de la Terre, énergie psychique et autres salmigondis scientifiques que je vous épargne.

Captant des ondes pas très nettes lors des obsèques de la part de quelques guguss occupés à fumer plutôt qu'à se recueillir, Zovek envoie sa secrétaire particulière, une jolie blonde et son chauffeur, un sidekick grimaçant, les suivre tandis que lui assure son show. Malgré sa prescience, il ne se doute pas qu'il les a envoyés dans la gueule du loup...

Le loup, c'est, comme souvent dans le cinéma populaire mexicain de l'époque, un savant fou voulant dominer le monde. Et comme souvent dans le cinéma populaire mexicain, il y a des nains. 

Un cocktail donc, qui va contenir une bonne dose d'aventure, une louchée de combats (Zovek était également un maître en arts martiaux et il s'amuse aussi à faire quelques clins d'oeil à ses confrères luchadores), une grosse pincée de bisserie, notamment en matière de bestiaire hallucinant, une pointe de gore et un soupçon de folie.

Un film généreux, dynamique (avec un début qui prend un peu son temps mais ce n'est pas bien embêtant), très pop, très sixties, mené par un héros charismatique, tout ça traité très premier degré par René Cardona Sr, le grand réalisateur de films populaires de l'époque, auteur de très bons Santo, notamment. Et scénarisé par Chano Urieta.

Zovek, c'est, comme je le disais, un enquêteur héroïque, à mi-chemin entre le super-héros et le détective, un avatar des catcheurs masqués qui, à la même époque, affrontent eux-aussi moult savants diaboliques. 

Fauché en pleine gloire, à l'aube d'une carrière cinématographique qui aurait très probablement fait date, Zovek est à l'image du film qui lui est consacré, parfois limité dans son jeu mais donnant tout, au premier degré. Ce qui fait la force absolue de ces films parfois bancals mais loin, très loin du cynisme actuel de bon nombre de productions cinématographiques ou des films ultra léchés de héros poseurs. 





Vous êtes convaincu(e/s) ?

Bien, bien, bien.
C'est par là !

(et j'ai aucune action chez Bach Films, juste envie de voir d'autres fleurons du fantastique populaire mexicain en dvd chez eux !)

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