samedi 6 juillet 2013

Santo contre l'Esprit du Mal

Santo contre l'Esprit du Mal
1961

Un savant fou parvient à s'accaparer le contenu du cerveau de quelques scientifiques, informations qu'il revend ensuite à une puissance étrangère...

Le tout premier Santo, qui d'ailleurs n'est même pas encore appelé Santo ni même El Enmascarado de Plata, mais juste El Enmascarado. 

Tourné en 1958, à Cuba peu de temps avant la Révolution, ce film ne laisse à Santo qu'un second rôle peu gratifiant puisque, sans spoiler, notre héros, après une résistance héroïque, finit par être capturé, hypnotisé et devient un homme à tout faire un peu balourd au service du méchant professeur ! 
Pas cool pour notre homme masqué qui fait là ses débuts au cinéma. 
Heureusement, secouru par El Incognito (Fernando Oses, le futur Sombra Vengadora, qu'on retrouve notamment dans les Champions de Justice, long métrage où il sera à son tour hypnotisé et serviteur des méchant), notre héros masqué aura l'occasion de balancer quelques mandales, de faire de beaux portés et autres attaques aériennes, notamment depuis un lit à roulettes. 

Avec un spectacle de claquettes et de castagnettes et un court passage de mariachis, ce film n'est pas, contrairement au Blue Demon que je chroniquais il y a peu, victime de "remplissage": aucun combat, juste l'intrigue. Une intrigue dense, touffue, qui mélange contrôle des cerveaux, espionnage, secrets industriels, histoire d'amour et faux-semblants. 
Santo, qui est enfin revenu à lui mais joue encore le rôle 
de serviteur des méchants, tout en s'ennuyant ferme... Pas facile, 
la vie de Luchador infiltré...

Un film assurément à découvrir pour connaître les débuts de celui qui tournera ensuite, sur plus de 25 ans, dans 51 autres films, construisant vite un personnage invincible et héroïque bien loin de ce Enmascarado des débuts, ce Santo contre l'Esprit du Mal comporte la genèse de ce que sera l'ossature du film de luchasploitation et plus particulièrement des films de Santo: présence d'un ignoble savant fou, donzelle en détresse, policiers dépassés mais vaillants et héros virils et masqués qui n'hésitent pas à braver les balles et les hommes de main en pagaille du méchant scientifique habillé sans faux plis. Par la suite, seul le rôle du luchador prendra de l'importance, au détriment de celui des policiers. Et bien sûr, Santo affrontera aussi des vampires, des monstres, des martiens... Mais la figure du savant diabolique et sans scrupule reviendra encore et encore, tel une nemesis aux nombreuses incarnations.

BACH FILMS fait fort en nous proposant un double programme originel, avec le premier Santo et le premier Blue Demon. Je sais, je me répète mais j'espère que ce n'est que le début d'une vague de films de luchasploitation qui va permettre de proposer - enfin - ces merveilles au public français. 

Très belle copie et son très propre, avec quelques anecdotiques crachouillis, un dvd d'excellente qualité avec une présentation très intéressante de Stéphane Bourgoin. Le livret, par contre, se perd un peu, selon moi, dans les résumés de films et ne se consacre pas assez aux films de luchadores. Il n'en reste pas moins intéressant et érudit et laisse transpirer la passion de Bourgoin pour le cinéma mexicain (même s'il est un peu sévère avec les Santo des 70's alors que cette décennie compte aussi de très belles réalisations). Assurément un parrain de qualité pour une telle collection.


Pour commander: une seule adresse: par ici !! 


Evidemment, le visionnage de ces deux métrages me motive carrément pour raconter les troisièmes aventures de Green Tiburon. C'est d'ailleurs mon prochain boulot, après le bouclage de mon polar.

Pour ceux qui découvrent l'Oeil cannibale et s'intéressent aux films de luchadores, n'hésitez pas à farfouiller parmi les articles, j'ai abordé le genre à de nombreuses reprises. 

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