vendredi 3 mai 2013

Musique 6, les 5 albums de mai 2013

En mai, écoute ce qu'il te plaît.

Mai 2013


GRAND FUNK RAILROAD
Grand Funk alias The Red Album
1969
Grand Funk Railroad, qui deviendra vite Grand Funk, c'est un power trio originaire de Flint, Michigan, qui va exploser en popularité au début des années 70, au point de vendre un album toutes les cinq secondes pendant deux ans avant de retomber très vite - trop vite - dans l'oubli. Durant leur carrière, ils furent décriés par la critique, qui ne voyaient en eux que des tâcherons qui tournaient pour le fric. Des jugement hâtifs particulièrement cruels pour cette formation qui s'applique pourtant à délivrer un heavy-rock sauvage qui ira  jusqu'à influencer l'écurie stoner dans les années 80. 
Sur ce premier album, le son est époustouflant. La basse de Mel Schacher est mise en avant comme jamais, une originalité forte pour l'époque que ce parti pris de lead bass à l'époque des guitar heros à la Hendrix. De fait, cela crée un lien un peu hypnotique qui entraîne l'auditeur, lui permettant de se perdre dans les distorsions blues de la guitare au son un peu crado, la voix soul et puissante du chanteur (Mark Farner), tout ceci rythmé par les fût martiaux de Don Brewer. Ce disque, c'est à la fois toute une époque mais aussi une galette qui n'a pas spécialement vieilli. Grand Funk Railroad mérite assurément de récupérer la postérité qui lui est due. 


BLOC PARTY
Silent Alarm
2005
Bloc Party, c'est surtout l'histoire d'un premier album époustouflant. Un sans-faute gorgé de pépites rock incroyablement ciselées. Sur ce premier album, il n'y a rien à jeter. Tout à déguster. Tout. Oui, tout. Chaque morceau est une bombe de rock anglais, du vrai du bon. La voix "urgente", comme on dit, de Kele Okereke, aux accents smithiens, entraîne les morceaux, tous pêchus et rythmés par l'incroyable batterie de Matt Tong. Ce dieu des boum-boum délivre une prestation tout simplement divine. Je n'ai jamais entendu de meilleur batteur, sur aucun album. 
Porté par tous ces tubes, l'album est d'une richesse impressionnante. Probablement trop riche même, comme si le quatuor britannique avait grillé toutes ses cartouches trop vite, en voulant trop bien faire. Les albums suivants iront du "mouais, bon, pas mal" pour leur second à "horreur absolue que je ne leur pardonne toujours pas" pour le troisième. De fait, je n'ai encore jeté qu'une oreille distraite à leur quatrième et dernier album à ce jour, sorti récemment. C'est juste que que je sais que quoiqu'ils fassent, je serais déçu. Je pense que rien ne se hissera au niveau de leur premier. J'espère me tromper et me prendre le retour (de l'aller et retour, donc) dans la tronche, un jour, de ce groupe qui reste au panthéon de mes groupes perso.


MLADA FRONTA
Fe2O3
2001
Groupe français fondé par Rémy Pelleschi, Mlada Fronta propose une musique électronique et expérimentale intéressante et emprunte d'une forte identité. Ce double album (dans un superbe packaging et vendu à bas prix) est suivi par Oxydes, l'année suivante. Celui-là (comme son petit frère) se compose de deux disques donc. 
Le premier, Fe2, délivre une electro indus ambiant, avec des morceaux qu'on pourrait croire composés pour illustrer les images d'un film noir, sombre et se déroulant dans des friches industrielles. 
Le second lui, O3, propose des titres plus bourrins, plus séquencés. 
Dans ces deux albums, en tout cas, la même démarche: des sons très travaillés, un paysage sonore constitué de mille et un petits bruits qui  se mélangent et viennent se glisser dans l'oreille et constituer ce qui devient la mélodie des morceaux, véritables odes industrielles répondant à l'imagerie des artworks. Syncopé et froid, entraînant et glauque, le son de Mlada Fronta ne ressemble à aucun autre. Fe2O3 est la dénomination de la rouille, de l'oxyde de fer. Cela se sent dans l'album, qui donne comme un arrière-goût métallique à l'écoute. Chaque titre porte le nom d'un bidule chimique à l'avenant comme Cl 35.45 et autres substances étranges qui viennent s'ajouter dans le gumbo à boulons que prépare Mlada Fronta. Faut goûter. Ça pique un peu les dents au début mais ça a un goût de reviens-y.


PROCOL HARUM
A Salty Dog
1969
Groupe anglais baroque, précurseur du rock progressif, Procol Harum est surtout connu pour son tube A Whiter Shade of Pale, un morceau qui éclipse un peu les autres compositions du groupe. 
Cet album là, leur troisième, consacré à ce vieux loup de mer en couverture, parodie de l'image d'une marque de clopes, est d'une très grande richesse. Genesis mais aussi MGMT ont dû l'écouter en boucle, à mon avis.  Dedans, on trouve, pêle-mêle, morceaux rock, blues, mais aussi de très belles ballades plus intimistes et surtout, surtout, le superbe Boredom et ses flûtes  percu et xylophones, un morceau à la fois roots, très pop, émouvant, entraînant et érudit. Un morceau qui a peut-être également inspiré le second album de The Pogues, Rum, Sodomy and the Lash ou au moins qui semble parfois puiser l'inspiration aux mêmes sources. Et le morceau d'après est un blues profond qu'on croirait enregistré dans les bayous. Et celui d'après un morceau orchestral, à la guitare vrombissante, aux pianos et violons baroques. Un groupe très polyvalent et qui mélange les sources d'inspiration. C'est varié mais pas bordélique. C'est très britannique, c'est toute une époque mais sans être ringard pour autant. C'est pourquoi je l'ai choisi en écho à l'album de Grand Funk, comme un modeste focus sur ce qui se joua à l'époque, des deux côtés de l'Atlantique. 


HOWARD SHORE
Music from the motion picture: David Cronenberg's eXistenZ
1999
Attention, BO culte personnelle. J'aime beaucoup le film, qui sans les moyens un peu putassiers de la trilogie Matrix, arrive à donner bien plus le vertige sur un même thème. Mais là n'est pas l'objet de ce billet. On cause ici de la partition d'Howard Shore, compositeur attitré de Cronenberg. Et sur eXistenZ, la symbiose est totale. Les mélodies glaçantes, suscitant l'inquiétude et le malaise, se posent parfaitement sur les images du film. Cette BO, c'est un peu le même thème repris 20 fois ou presque.  Dit comme ça, ça peut paraître étrange de kiffer sa race pour un truc qui te joue 20 fois de suite la même chose. Mais en fait non, faut pas croire. Cette même mélodie, parfois discrète, parfois passant par des moments orchestraux, passée en boucle, produit alors un environnement sonore qui sait se faire oublier tout en modelant une ambiance unique dans laquelle l'angoisse se fait petit à petit, sourdement, sa place. J'aime lire en musique et c'est très souvent le disque que je mets, en sourdine pour lire un thriller ou de l'épouvante. C'est aussi un très bon disque pour sonoriser des parties de jeu de rôle car sans coupure rythmique, sans morceaux vraiment distincts, l'album se déroule, vous fait glisser dans ses rets sans même qu'on s'en rende compte. En plus, vous dérangez même pas vos voisins, la musique est faussement douce, d'un calme froid, elle ne fera frissonner que vous (et vos joueurs). 


Rendez-vous le mois prochain pour 5 nouveaux albums à écouter...



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