mercredi 15 mai 2013

Les Tangences Divines (de Franck Ferric)



Égoutier parisien, Théodule voit sa petite vie tranquille bouleversée par l'irruption d'une cohorte de dieux anciens qui se foutent sur la tronche, se cherchent et se jouent des tours. 

Théodule qui s'est fait avoir en lâchant une promesse, se retrouve tenu d'aider ces sombres margoulins antédiluviens dans leur recherche du dieu Pan. 

Cette mission amène notre héros à explorer les lieux occultes de la capitale, à rencontrer d'étranges oracles qui vivent dans des réduits crasseux et lisent l'avenir dans le sang de chat et la poussière. Et Théodule aura aussi l'occasion de passer par ces fameuses tangences entre les plans divers et variés, résidences de dieux aux abois bouleversés par l'irruption de nouvelles puissances conquérantes. 




Ce roman est une véritable invitation au voyage dans les lieux secrets de Paris et nous fait rencontrer un curieux panthéon qui mélange les religions et les pratiques magiques du monde entier. On suit les pérégrinations du héros, un gars bien sympathique, un monsieur-tout-le-monde (mais est-ce vraiment le cas?) plutôt bonne patte et auquel on s'attache vite. 

Le traitement un peu post-moderne de ce panthéon rappelle American Gods ou encore Le Roi des Rats de Miéville mais le roman conserve son identité propre, son ambiance parisienne, de ce vieux Paris mystérieux, aux culs de sac intrigants et autres petites cours oubliées... 

Après La Loi du Désert, ce second roman est une nouvelle preuve du talent de Franck Ferric pour dépeindre des univers personnels qui puisent dans des backgrounds archétypés (post-apo et relecture post-moderne des mythologies) mais pour lesquels l'auteur arrive à injecter sa propre ambiance, ses thèmes et son style. 

Franck Ferric a su construire ici un roman à l'univers solide, référentiel et dynamique. Il puise dans diverses mythologies et pourtant bâtit un tout qui tient la route. S'attachant plus au destin du personnage, à son évolution qu'à l'intrigue qui se développe en parallèle, la fin peut s'avérer déroutante. Personnellement, elle ne m'a posé aucun problème mais ceux qui entrent dans le roman avec une attente importante en matière d'intrigue et de machinations divines en ressortira peut-être frustré. Mais si vous avez avant tout envie d'aventures, de personnages hors du commun et d'une relecture post-moderne de divinités originales, n'hésitez pas.

C'est aux Editions du Riez. Dispo en livre papier et en ebook.

Mention spéciale à la superbe couverture de Bastien Lecouffe Deharme, une des plus belles illus de roman que j'ai pu voir. 


Article écrit sur fond du nouvel album de Vampire Weekend - Modern Vampires of the City (toujours aussi érudit et pêchu et toujours aussi déstabilisant à la première écoute).

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