vendredi 22 mars 2013

SEXE CONNEXION (voilà un titre qui va me ramener de la visite sur le blog)

SEXE CONNEXION de Christophe Siébert, disponible en ebook.

Christophe Siébert a écrit neuf romans, parus pour certains chez Rivière Blanche. Il est le fondateur du collectif Konsstrukt qui édite notamment la revue Angoisse (qui en est à son numéro 4).

Le roman commence sur un règlement de compte mafieux  Puis on enchaîne sur les liens qui unissent plusieurs notables et ensuite, on s'attache à suivre le parcours d'un jeune homme qui découvre, à la mort de ses parents, qu'il avait une soeur, qu'il n'a jamais connue. Une soeur décédée dans des circonstances mystérieuses et carrément crapoteuses, à Bordeaux. Il décide d'enquêter. C'est le début de grosses, grosses emmerdes.

Sexe Connexion, c'est sec comme un coup de trique, âpre comme du papier de verre sur une écorchure et nerveux comme une décharge de 220v. dans les burnes. Sur un style épuré, extrêmement descriptif, digne d'une déposition (mais attention, hein, c'est très bien écrit, je ne parle pas d'une déposition écrite par Marcel Patalucci, avec deux doigts et en français immonde), Christophe Siébert nous narre les pérégrinations de son personnage, un jeune paumé qui ne cherche qu'à comprendre ce qui semble être un inextricable embroglio familial dont il ignore tout. 

Le style est éminemment cinématographique, très dépouillé, et porte ce récit extrêmement sombre avec beaucoup de dynamisme. On enchaîne les scènes avec l'irrésistible envie d'en lire plus, d'aller plus loin, avec le personnage, dans son odyssée qui semble plus que vouée à l'échec. La concision apporte un impact incroyable au récit. 

C'est noir, très noir. La galerie de personnages n'en finit pas de nous faire côtoyer de sombres salopards. De ceux qui peuplent vraiment les quartiers pourris, les pavillons merdiques comme les endroits chics et qui ne semblent vivre que pour détruire l'innocence, se gaver, contenter leurs bas-instincts sans se soucier une seconde des dégâts irrémédiables que leurs appétits pervers provoquent. Portraits sans concession donc mais aussi très réalistes, clichés de faits divers sordides qu'on survole quand on parcours les journaux, et qui là, prennent vie dans toutes leurs dimensions. Ici, on voit se dessiner ce fait divers, chacun de ses protagonistes voit sa route décrite, jusqu'à lui et celui-ci prend forme, avec toutes ses ramifications, son implacabilité...

Le roman est très court et se finit sur un épilogue bien sombre, avant une dernière plongée dans la noirceur absolue. De celles qui n'ont pas besoin de démons, de science-fiction et de fantastique pour sonder les ténèbres, les vrais. Sur cette dernière partie, on a du mal à ne pas retenir son souffle et on quitte le roman avec une vraie nausée. 

C'est pas forcément à lire pour se changer les idées. Mais ça tombe bien, c'est pas forcément non plus le rôle du polar noir que de distraire son lecteur. 

C'est à très petit prix (3,99), sur amazon, notamment, en suivant ce lien: PAR ICI.









1 commentaire:

  1. Je disais hier que je reviendrais, mais je ne pensais pas que ce serait si rapide.
    Moi aussi, j'aime beaucoup Christophe Siébert.
    D'ailleurs, j'ai signé une espèce de chronique de son roman "Nuit noire", lisible dans le prochain numéro de "La tête en l'ère" début avril.
    Et ce "Sexe connexion" m'a l'air tout aussi réussi. Un style sec pour dépeindre du sexe sale: ce bouquin ressemble à une série noire passée au hachoir à viande.
    Comme si le regretté Pascal Marignac avait fusionné ses deux personnalités (Kaa et Corsélien) en une.
    Pas si loin de ce que certains font chez Trash...

    RépondreSupprimer