dimanche 5 août 2012

Critiques de bouquins : Main mise sur Jakobar & Le Sabot du Diable

Les vacances ont été sportives (pas mal de randonnées dans des paysages splendides) mais cela ne m'a pas empêché de lire un max. Et voici donc deux retours sur mes dernières lectures. 

Le Sabot du Diable de Kem Nunn

Un journaliste has-been endetté, divorcé et souffrant du dos accepte de revenir à ce qui l'a rendu un temps célèbre: photographier des surfeurs en action. Et quand le surfeur en question s'avère être une ancienne gloire de la discipline qui vit à présent retirée sur la côte californienne et qu'il est question de LA vague dans LE spot légendaire (mais introuvable) de Devil's Hoof, comment refuser cet ultime reportage ? 
Même si l'endroit se trouve en pleine réserve indienne où règne la violence, l'alcool et un profond ressentiment et voisine des récifs tranchants peuplés de requins...

Un roman qui n'est pas vraiment du tout un policier mais plutôt une sorte de thriller, mettant en scène ses personnages, tous un brin zarbs (s'ils ne le sont pas, c'est qu'ils sont couillons) et dépassés, chargés d'un passé lourd à porter, dans un cadre hostile où le danger vient du sol, de la mer et des gens qui vivent entre les deux. 
Il en résulte un espèce de road-book plutôt déstabilisant, au rythme atypique et parfois déroutant. J'ai eu parfois du mal à ne pas être agacé par certaines fins de chapitre qui promettaient un décollage soudain de l'intrigue mais qui ne faisaient que bluffer. Heureusement, les personnages en question sont intéressants, parfois singulièrement originaux, comme dans tout bon road-movie/book qui se respecte. Avec en prime un portrait saisissant, inquiétant et probablement bien documenté sur certaines tribus indiennes.

Cependant, cela ne doit pas occulter ce superbe final, un gros dernier quart du bouquin qui vaut d'avoir patienté durant tout le temps où l'auteur brossait le portrait de ses personnages (avec parfois quelques répétitions dans la construction de ces derniers). Là, on atteint un truc qui tient superbement la route, qui offre un véritable suspense et qui fait voyager l'esprit dans un film mental (évidemment, réservez le rôle de Drew Harmon, la légende du surf, à feu Patrick Swayze). Et rien que pour cette résolution de l'intrigue, des intrigues même, la lecture vaut le coup. 

Petit point négatif: le vocabulaire des surfeurs, non expliqué dans un lexique ou en note de bas de page, rend certaines descriptions de vagues (descriptions importantes pour bien se figurer les scènes) difficiles à saisir. L'auteur est clairement un spécialiste qui maîtrise son sujet mais moi, j'ai parfois galéré, parce qu'en dehors de wax et de spot, bon...


* * *


Ensuite, le deuxième bouquin de la semaine:

Main mise sur Jakobar de Olivier Deparis

Le sergent Tom Fullman rencontre la Main, une équipe d'experts, qu'il doit convoyer. Cependant, les évènements ne se déroulent vraiment, mais alors vraiment pas comme prévus et les voilà tous fugitifs, obligés de se réfugier sur une planète hostile, où cyclones et indépendantistes vont les forcer à collaborer même si les relations entre le petit nouveau et les 4 (l'un d'eux est blessé) membres de la Main vont être tendues. Tout ceci sur fond de complot dans les hautes sphères du pouvoir.

Ce roman de science-fiction/space opera frappe avant tout par le style et le souci du détail. Le style de l'auteur est limpide, l'ouvrage se lit rapidement et les nombreuses péripéties sont toujours élégamment évoquées. Et ensuite, le souci du détail : l'univers du roman est superbement appréhendé. C'est bien simple, on se croit vraiment dans le vaisseau quand celui-ci décolle. Les différentes opérations successives, les procédures, les différentes techniques d'affrontement, les missiles, les contre-mesures semblent extrêmement réalistes. C'est bien simple, on dirait un techno-thriller durant ces passages. C'est LA force du roman, à mon avis. Et j'ai vraiment adoré lire ces passages. 

L'action est également bien décrite, l'intrigue se déroule sans temps mort et de belles scènes de combats spatiaux sont haletantes. Sans compter une description (je SPOILE légèrement) d'une explosion atomique tout bonnement brillante.

L'univers est intéressant, même si on n'en découvre qu'une petite partie, l'action se concentrant sur peu de personnages et un panel restreint de lieux. Mais ça donne envie d'en savoir plus.

Enfin, mention spéciale à l'humour, des petits clins d'oeil au lecteur savamment dosés qui permettent de franchement sourire.

J'ai une petite réserve sur les relations entre les personnages. Et notamment sur celles que Fullman entretient avec les experts de la Main. Si certaines scènes sont cocasses et si les dialogues sont globalement percutants et sur le bon ton, ce sont les relations proprement dites qui me dérangent un peu plus. Disons qu'il y a vraiment un pas en avant, un pas en arrière, tout le long du roman, en ce qui concerne l'intégration du personnage principal au groupe. A ce titre, le jeu de séduction, vannes en série entre Fullman et la fille du groupe est d'abord amusant mais comme cela n'évolue pas trop trop, il finit non pas par lasser mais par me faire tiquer. Après, c'est une question de goût. 

Et je dois dire que cela ne m'a pas empêché de passer un excellent moment. J'aimerais beaucoup lire une nouvelle mission de la Main. J'aimerais notamment un opus plein de combats spatiaux, de techniques de feinte, de passages en force, bref, de l'action comme ce roman en propose mais avec une dose supplémentaire (oui, c'est de la gourmandise, j'avoue).

Mention spéciale à l'illustration de Grillon, tout bonnement superbe et qui permet à l'imagination de bien visualiser cet univers et ses vaisseaux. 

Voila pour ces lectures estivales. Après Les Mystères de Saint Pétersbourg, que chroniquera Darth Gerbillus - à qui j'ai tout raconté, dans le prochaine Tête en l'Ere et ces deux romans, je replonge dans le tome 3 du Trône de fer, un tome plutôt tranquille dont le rythme plutôt routinier m'avait encouragé à faire une pause.



Article écrit sur fond de Talking Heads, Stop Making Sense, un live de 1984 totalement exquis et un peu de jeux olympiques en fond aussi.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire