mercredi 23 mai 2012

Le fascicule de l'auteur pas manchot

Un nouvel article qui va me permettre de parler de quelqu'un d'autre que moi. Oui, ça m'arrive, sur ce bloug, de parler de coups de coeur. Le Roi des Rats de Miéville était l'un d'entre eux. Et la nouvelle production du Carnoplaste l'est tout autant.

La Rédemption du Phénix  de Romain d'Huissier inaugure une nouvelle série chez cet éditeur de fascicules dont je vous ai déjà parlé puisqu'il est l'éditeur qui permet aux aventures de Green Tiburon d'être publiées.
Celui-ci démarre donc une nouvelle série: 
Les Chroniques du jiang hu.

Qu'est ce que c'est quoi que ça, le jiang hu ?
C'est ce qu'on pourrait traduire par "le monde des forêts et des lacs", le monde qui rassemble les guerriers, valeureux ou malhonnêtes. Société parallèle chinoise qui possède ses codes et ses valeurs, elle regroupe les guerriers honorables, les saltimbanques, les vagabonds... C'est au sein de ce microcosme que se déroulent les grandes histoires, les contes tragiques, les combats sans pitié. Et c'est ce monde que ces fascicules vont vous permettre d'explorer.

Dans ce premier opus, un jeune guerrier traverse un village maltraité. Il se décide à prendre la défense des villageois mais tout ne se passe pas comme il pouvait se l'imaginer. Je n'en dis pas plus, l'histoire, bien que basique, mérite d'être découverte à la lecture et non grossièrement résumée dans un article de bloug.

Saluons tout d'abord la fluidité du récit. Il y a plein d'action, des combats mémorables dont les prises aériennes et audacieuses sont décrites avec inventivité. Chaque affrontement est l'occasion pour les personnages d'être présentés au lecteur, comme le veut la tradition du genre. La manière de combattre en dit long sur les personnages et les combats ne sont pas QUE des phases d'action mais une manière de faire vivre les personnages, de les mettre en scène. Les attaques secrètes, puissantes et spectaculaires prennent toutes leurs dimensions sous cette plume au riche vocabulaire et les fights sont un vrai régal à déguster. Inutile d'être familier avec le monde du kung-fu, les prises sont imagées et puisent dans la symbolique chinoise et les animaux mythologiques, dans un total respect de l'univers auquel ce fascicule entend rendre hommage.

Car le respect du genre est indéniable et même le moteur de ce récit. J'ai écrit plusieurs articles sur ce blog concernant le travail sur les genres, notamment le cinéma de la luchasploitation. Se frotter à un genre, qu'il soit cinématographique ou littéraire est aussi passionnant qu'intimidant. Surtout quand on l'aborde au premier degré et non dans une optique parodique ou post-moderne.
Ici, c'est l'amour pour les productions de la Shaw Brothers, cette société hongkongaise qui produisit, principalement dans les années 70, de grands films centrés sur les arts martiaux ou sur ce monde des forêts et des lacs, qui prévaut. La structure du récit est construite comme dans ces films et on a l'impression de découvrir un inédit, retrouvé dans les archives d'un mogul de ce studio. Tout l'amour de l'auteur pour ces films est présent à chaque page, un bel hommage, totalement assumé puisque le fascicule est dédié à la Shaw Bro.

Alors oui, les mauvaises langues, les esprits chagrins argueront de mes liens d'amitié avec l'auteur. Certes, c'est le cas. Mais je ne pense pas que cela ôte quoi que ce soit à mon propos. Je ne touche pas d'argent sur ces fascicules et je dois avouer que même si je souhaite un beau succès à ces wu xia chinois, je vais lutter ardemment pour que mes luchadores mexicains se vendent encore plus ! Donc le copinage, hein...

Alors, moi je ne dis qu'une chose:
- Vivement la suite
- (oui, je suis sur mon bloug, je fais ce que je veux, j'ai le droit de dire deux choses) Le prochain se doit d'avoir un nombre dans son titre !

N'hésitez pas à vous procurer ce fascicule. D'une, vous pourrez déguster une belle histoire. Et de deux, vous soutiendrez le Carnoplaste, éditeur de fascicules à l'ancienne, dont la passion pour le genre populaire en général permet à de jeunes auteurs, un brin geeks mais passionnés, d'écrire tout plein d'histoires que, soyons honnêtes, pas grand monde d'autre ne voudrait sinon (ok, je parle surtout pour moi, là, avec mes lutteurs mexicains et mes nains mascottes de football américain).

Fascicule à se procurer d'urgence ici, donc.

2 commentaires:

  1. Merci Julien pour cet article, j'accroche super bien à ce fascicule tout comme à bien d'autres d'ailleurs, il n'y a rien à jeter au Carnoplaste, remerciant Phénomène J de les proposer à la vente.

    S.J.

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  2. Et c'est pas fini !
    En juin, Nelson, le nain vengeur arrive. Et la prostituée nue et vengeresse également.

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