jeudi 17 novembre 2011

En slip et masqué, les pieds dans l'eau...

Trois mois sans nouvelles. Je pense que certains d'entre vous étaient à deux doigts d'appeler le GIGN et Jean Claude Bourret. Rassurez-vous, je suis alive.

Et je reviens sur ce blog parler de plein de choses. Mais pas tout en même temps, sinon c'est l'indigestion assurée et je ne suis pas sûr d'avoir le temps car je dois me préparer pour aller à un concert de The Kills.

Bref, allons à l'essentiel : Luchadores, le jeu de rôle est sur le point de descendre de votre cheminée pour se caler au pied du sapin, juste à côté des boites de pâtés de tata Hortense.

Un beau livre format comics d'environ 250 pages (et même peut-être un peu plus), avec encart couleur et superbe écran.

C'est donc un très gros chantier qui s'achève. L'heure des remerciements ? On attendra pour ça qu'il soit sorti car j'ai envie de faire un vrai et bel article qui remercie tous ceux qui nous ont soutenu et ont cru en ce projet.

L'heure de présenter le truc par contre. Alors, autant le dire tout de suite, je vais répéter un peu ce qu'à dit Usher Romana sur son blog.
http://rom51.blogspot.com/

Luchadores, c'est quoi Francis ?
Déjà, Françis c'est pas moi, c'est Brain.Salad. Et il est en train de finaliser les dernières illustrations. Autant vous dire, c'est du lourd, du gros.
Sinon, Luchadores est donc un jeu de rôle.
Voila.

Et y'a quoi dedans ?
Et bien 250 pages (voire un peu plus, mais ça, je l'ai déjà dit). Et autant vous dire que c'est dense. Le thème de Luchadores, il a déjà été évoqué un peu partout, y compris dans mes précédents articles, notamment quand j'abordais mon boulot sur Green Tiburon. Il s'agit d'un jeu qui se déroule dans le même univers. Los Murcielagos, un archipel situé en plein Triangle des Bermudes. Années 60, plages de sable fin, surf music et catcheurs masqués. Le petit truc en plus, c'est ce gigantesque syphon, situé en plein milieu de l'archipel, d'où émergent d’immondes créatures. Une bouche des enfers aquatique et qui détraque les lois de la physique en plus de susurrer de sombres conseils aux quelques savants fous qui viennent ici tenter de créer le robot ultime ou l'élixir de zombification.

La taille du bouquin pourra surprendre celui qui s'attendait à un petit jeu apéro amusant et parodique.
Tout simplement parce que ce n'était pas vraiment notre démarche initiale. Pour tout vous dire, il est tout à fait possible de jouer dans cette optique, c'est faisable. Faisable car pour cela, il suffit de créer des personnages, de les lancer sur la piste d'un méchant stéréotypé et de s'amuser à parodier le genre des films de luchadores, ces films avec Santo, Blue Demon et compagnie.

Mais nous voulions aller plus loin, plus loin qu'un supplément de contexte pour le jeu Brain.Soda (que j'apprécie beaucoup, j'ai quand même écrit le supplément pour jouer dans les films de Kaiju, les films de monstres comme Godzilla, Gamera ou Mothra). Nous voulions pouvoir rendre hommage à ces films, à ces univers en montrant qu'on peut prendre ce matériau au sérieux, au premier degré, comme l'étaient les longs métrages.
A aucun moment, ils ne sont parodiques ou distancés. Ils s'assument totalement et rien que ça, ça forge le respect. Respect alimenté aussi par le fait que bon nombre de Mexicains prennent ces idoles au sérieux et les respectent ardemment pour ce qu'ils sont, des icônes du bien, luttant contre le mal.
Dès lors, qui sommes-nous pour nous moquer, parodier le genre, le piller de ses ornements, s'amuser des dorures, du kitsch et ensuite passer à autre chose ?

Alors oui, on a le droit d'acheter Luchadores pour n'en faire qu'un jeu rigolo, le temps de se préparer pour la vraie partie d'après. De toute façon, tant qu'il est acheté, hein, vous en faites ce que vous voulez, si j'ose dire. Vous pouvez même ne pas le lire et aller en dire du mal, si, si, ça se fait, consultez certaines critiques du grog, vous verrez...

Nan, notre démarche à nous, c'est de présenter un vrai univers, au premier degré. Une véritable mythologie, un univers qui tient la route et qui permet de faire autre chose que de taper des profonds en prenant la pose.
Cependant, nous avions également conscience que les films de luchasploitation sont aussi parfois bien kitsch et ringards. Et que leurs scénarios sont parfois prétexte à des délires étranges et limite incompréhensibles, sans parler des incohérences. Mon amour pour le genre ne me rend pas aveugle et comptez sur mes petits camarades, moins indulgents pour bien noter que non, parfois, ça vole pas super haut, scénaristiquement, techniquement, montagement (oui, j'ai le droit d'inventer des mots) et autres trucs se terminant par "ment", parlant.

Les aborder au premier degré était notre volonté, certes mais avec quand même une petite distance, un regard un peu post-moderne, qui intègre aussi une dimension humoristique. Mais comme le dit brillamment Romain, l'humour nait des situations et non de la moquerie envers le genre.
Comment ne pas se marrer quand votre PJ, en slip et masque doré, fait des clefs de bras/tentacule à un homme-pieuvre sur le toit d'une bagnole ?
Mais ce n'est pas la seule ambiance de Luchadores. Un peu comme dans une série télé (et je ne vous cache pas que la série Angel a été une influence majeure et que le trio d'auteurs est totalement fan), il est possible (et recommandé) de varier les ambiances.

Luchadores, c'est aussi une Espirale Grande qui vomit bon nombre de créatures terrifiantes, adeptes de repas carnivores où l'humain constitue un mets de choix. Des sorciers, des sectes qui veulent immerger le monde et le réserver à Juracan, la divinité engloutie dont le vortex ne serait que le lien qui la relie au monde.
Et votre luchador en slip, là, tout de suite, il sent qu'il ne fait pas vraiment le poids. Qu'une créature comme un homme-requin peut le déchirer en deux d'un coup de dents avant d'aller ravager une petite île peuplée de pêcheurs.
Cependant, il reste un luchador, donc il fonce quand même vers l'ennemi et se jette dans la bataille en espérant en sortir vainqueur ou à défaut, d'abimer suffisamment l'ennemi pour qu'un de ses collègues puisse en débarrasser la surface de la Terre (ou ses fonds sous-marins) pour de bon.

Bref, à la croisée de Lovecraft, d'Angel, des films de del Toro, de Hellboy et des films de Santo. On espère vous permettre de jouer pulp, enquêtes, glauque, horrifique et héroïque. Oui, tout ça, ma bonne dame. Pas en même temps, pas forcément dans le même scénario mais tout ça, ce sont un peu les ingrédients de Luchadores.
Un jeu d'enquête et d'occultisme mais où les investigateurs font des ciseaux de tête aux profonds, où ils n'hésitent pas à se jeter dans le repaire de la secte pour aller porter des tombstone pildrivers aux gourous.

J'évoque volontiers le concept d'au 1,5 degré. Entre premier degré, où l'on ne se pose pas de question et le second degré où l'on se moque. On s'amuse avec les codes, on a un regard lucide dessus mais pas en les parodiant, pas à leurs dépends.

Dès lors, c'est un jeu complet, dense et qui a son autonomie thématique et ludique que nous avons tenté de réaliser.

C'est pour ça que le jeu intègre un archipel décrit avec précision, bon nombre d'îles qui recèlent des mystères, un bestiaire complet, une mythologie propre à l'univers et des règles de combat qui permettent de vraiment s'amuser. Nous voulions faire un jeu complet, qui permette de vivre les aventures de ces films mais avec un petit quelque chose en plus.

La campagne, constituée de trois scénarios, essaie de proposer toutes ces ambiances et nous espérons qu'elle sera un peu le guide de comment nous envisageons cet univers. Il y a également une partie de conseils et de présentation des influences et des différentes ambiances.

Pour être tout à fait clair, il ne s'agit pas, en ajoutant ces petits ingrédients, de renier le genre, de ne pas l'assumer. Comme si nous étions fans du genre mais que nous n'osions pas trop le clamer sur les toits et encore moins faire un jeu sur le sujet. Donc nous tenterions de sortir un jeu sur le sujet mais camouflé sous un vernis sérieux.

J'adore les films de luchasploitation, j'en ai très exactement 33 (Romain exagère un peu), que j'ai acheté parfois à très vil prix sur des sites mexicains ou aux USA. Si je n'en ai pas plus c'est parce que je veux pouvoir saisir toute l'intrigue et donc avoir des sous-titres français ou anglais. En effet, je ne regarde pas ces films pour me moquer des looks, des monstres et des combats mais parce que j'aime suivre les aventures de ces luchadores.

Willy est un fana absolu de catch, qui pourrait commenter les shows avec Christophe Agius, vu qu'il reconnaît toutes les prises et maitrise les biographies des lutteurs ainsi que l'historique de leur arsenal de prises.

Romain, même s'il reste dubitatif quand aux films en eux-mêmes, a su saisir tout de suite la ferveur populaire qui entourait ces productions et s'est plongé sans retenue dans cet univers.

Bref, nous pouvons dire que cette volonté d'ajouter un petit quelque chose au genre ne vient pas d'un quelconque embarras à traiter des films de catcheurs mais plus à la volonté de permettre un setting qui ne fera pas que vous proposer "le monstre" de la partie à neutraliser avant de passer au suivant. Dans Luchadores, il sera possible de jouer sur le long terme, des campagnes haletantes, gérer sa carrière de lutteur, devenir une légende des rings et de l'archipel...

Voila, en vrac, une petite présentation de nos intentions, c'est bordélique mais j'ai écrit cet article sur le fil, avec la volonté d'en faire une sorte de post rédigé sur le vif, un peu comme si j'en causais de vive voix, en quelque sorte.

Vous savez que si vous avez des questions ou des réactions, vous pouvez en causer ici ou bien sur Antonio Bay
http://www.subasylum.com/Antoniobay/index.php
Sur le forum officiel de Pulp Fever
http://www.pulpfever-rpg.fr/index.php
Sur la page facebook du jeu
https://www.facebook.com/pages/Luchadores-le-jeu-de-r%C3%B4le/169218906494919

N'hésitez pas !

Et à très bientôt pour la suite, notamment le volume 2 des aventures de Green Tiburon (avant trois mois, promis). Je file au concert !

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