jeudi 14 avril 2011

Les Compagnons du Foudre

J'ai eu l'occasion de lire le travail de Denis Taho, un mec aussi sympathique que sans cheveux (et dieu sait s'il est sympa) rencontré lors des Utopiales de l'année dernière.
Denis a animé les différentes conférences auxquelles mes confrères de l'encyclopédie de la Brigade Chimérique et les auteurs de la bande-dessinée ont participé. C'est ainsi que nous avons fait connaissance.
Après quelques salons, nous avons sympathisé et il m'a fait confiance, suffisamment pour m'envoyer le roman sur lequel il avait travaillé. Je l'ai lu et je vous en fais ici, avec son accord, un petit retour.

Les Compagnons du Foudre met en scène un petit groupe de pirates du ciel qui écument les nuages dans une Terre qui a morflé lors d'une ancienne guerre que l'on devine totale, généralisée et destructrice. Lors de ce conflit, des bombes ont fait de tels dégâts que l'atmosphère est devenue irrespirable. La surface de la planète, océans exceptés, est recouverte d'une brume toxique. L'humain a survécu de justesse. Il vit à présent dans les montagnes, sur des îles artificielles, dans des cités en altitude ou flottantes. Les gens se déplacent soit en bateaux soit et surtout par les airs, dans des vaisseaux bricolés, améliorés, parfois branlants et très vieux.
La technologie, très développée au moment du conflit (tours immenses, domotique généralisée) n'est qu'un souvenir dont on conserve les derniers avatars vétustes avec soin mais sans grand moyen.
Une autorité politique et religieuse a émergé. Intolérante, vénérant les lames du tarot et les mystérieux taromanciens (des êtres mystérieux que l'on dit dotés de pouvoirs impressionnants), ses membres, l'équivalent des gardiens du temple, traquent les déviants avec zèle.

Parlons-en justement, des déviants. Notre petit groupe de héros vit dans un vaisseau qui se livre à des trafics et à la piraterie. A l'occasion d'un trajet anodin, une jeune fille tombe du ciel directement dans leur vaisseau. A peine se sont-ils remis de ce choc violent qu'ils sont attaqués par des chasseurs arborant le pavillon de l'autorité.
Ils devront survivre à bien des épreuves, œuvrer de concert avec cette mystérieuse clandestine arrivée des cieux et se serrer les coudes pour finalement se tirer d'affaire et éclairer le pourquoi du comment.

Je n'en raconte pas plus, je ne veux surtout pas vous spoiler le roman.

Les Compagnons du Foudre est un roman qui se lit vite. C'est un récit d'aventure, aux personnages haut-en-couleur, pleins de vie, de mordant. Les rebondissement rythment l'aventure et accompagnent le lecteur vers des révélations qui accrochent de plus en plus.
Les personnages sont plein de vie, colorés, ce sont des pirates modernes. Bien caractérisés, on retient vite leurs caractéristiques (leur nom court, fonctionnel et révélateur du caractère, un peu comme dans l'Assassin Royal, aide) et on les apprécie tout aussi rapidement.

Si le début peut faire penser à un univers post-apo somme toute classique, on est accroché très vite et de plus en plus fort par les découvertes des personnages autour de l'intrigue et du monde qui permettent à Denis de révéler son univers et comment il l'a personnalisé.
On sent des influences (tout ça, c'est "à mon avis", évidemment) de Star Wars, première trilogie, surtout autour d'un environnement à la Tatooine, avec la récupération de matos, le bricolage, les hors-la-loi), on sent un intérêt évident pour les potentialités énormes qu'implique un univers post-apo bien évoqué (et là, ayant bossé WarsaW et adorant le post-apo, je n'ai pu que me régaler quand les personnages exploraient les ruines et ses menaces).

C'est un véritable roman univers mais sans les lourdeurs que peuvent induire un tel genre. Là, on ne nous prend pas la tête à nous présenter intensivement le background au début pour qu'on retienne de quoi comprendre l'intrigue, en préambule (j'aime pas). Cela vient en douceur, au rythme rapide du récit mais autour d'informations essentielles.
On ne doit pas, non plus, prendre son mal en patience et retenir le début de l'intrigue sans trop piger parce que l'on ne nous a pas tout dit (j'aime pas non plus). Au contraire, on n'est jamais perdus, on part avec le bagage minimum pour saisir les premiers enjeux. Et ça, j'aime.

Roman univers, Les Compagnons du Foudre est détaillé et, réflexe conditionné de votre serviteur oblige, on se voit tout de suite arpenter les courants aériens, les cités ou les ruines d'avant la guerre en tant que PJ dans un jeu de rôle qui permettrait d'explorer ce monde.

Et la fin, que je ne dévoilerais évidemment pas, ne donne qu'une envie: tanner Denis pour qu'il nous écrive la suite. Son univers est posé. Ses personnages sont "initiés", ils sont prêts à arpenter à nouveau le monde pour de nouvelles aventures. Au boulot !

Tout comme pour Reservoir Girl, je ne peux que souhaiter qu'un éditeur se penche sur un tel roman. Personnel, dynamique, fun en diable, il mérite assurément de tomber dans le plus de mains possibles. Oye !

6 commentaires:

  1. Denis "Taho"15 avril 2011 à 09:56

    Le premier qui fait une blague sur le titre sera emprisonné dans ma forteresse et chatouillé à mort avec des plumes (fufufufufu...)

    Bon OK, j'ai envie de le changer ce titre, mais quand même =P

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  2. J'ai consulté quelques amis à propos de ce titre. George aime beaucoup, Elton est fan mais le plus enthousiaste reste quand même Boy G.


    ;)

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  3. Je me demande si Denis n'a pas participé à Plume en Herbe il y a trois ans avec un texte intitulé Plume. L'ambiance est assez proche de ce qui est décrit ici avec l'équipage d'un vaisseau aérien mi rebelles, mi hors la loi dans un univers post apocalyptique. Une ambiance qui était entre Myazaki et Firefly. J'ai beaucoup aimé ce texte en tant que membre du jurys. Ca fait parti des coups de coeur qui n'ont pas été partagé par les autres membres, melhaureusement.

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  4. Il faut en trouver un autre Denis. Nannn mais quand même. On pense tous à la même chose quand on le lit (d'ailleurs, moi je le lis à chaque fois de... travers).

    Il te faudrait un titre un peu plus percutant. Quelque chose comme "Coup de foutre" par exemple. :)

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  5. Denis "Taho"16 avril 2011 à 02:29

    Si si, Fabien, tu as raison, c'est la même base, mais tellement de choses ont changé que ce n'est presque plus reconnaissable. Le problème du texte original était qu'il avait la taille d'une nouvelle... Et en l'état, c'était une mauvaise nouvelle... Espérons qu'en roman, il soit mieux...

    @Yno : ce titre est déjà pris, je crois, genre pour la biographie de John B. Root, un truc du genre ;)

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  6. Le foudre ça m'évoque un gros tonneau plein d'alcool.

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