lundi 14 mars 2011

Le bon son, c'est bon.

J'aime bien quand la musique allie modernité et héritage populaire. A ce titre, j'aime particulièrement les groupes qui proposent une sorte de voyage culturel par le biais de leurs albums en jouant avec des instruments traditionnels ou en interprétant des chansons populaires. Mais j'aime surtout quand ces groupes ne me perdent pas en route et restent dynamiques, modernes, easy-listening en quelque sorte (oui, j'ai pas des goûts de bobo, enfin un peu. Mais pas que).

Donc un petit billet récapitulant quelques groupes que j'ai plaisir à écouter régulièrement.
Je vous fournis quelques liens mais je ne me livre pas à une critique détaillée. Si vous voulez un peu plus d'info, n'hésitez pas à laisser des commentaires et on pourra discuter plus en détail.

Yat-Kha
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yat-Kha
http://www.yat-kha.ru/en/

Groupe originaire de la petite république de Tuva, Yat-Kha, formé notamment par un ancien d'un groupe du même genre qui s'appelle Huun Huur Tu (http://www.hhtmusic.com/) propose du rock avec dedans des sons, des instruments mongols. Et le chanteur, Albert Kuvezine, maitrise la technique de chant diphonique, chant particulier permettant de moduler deux notes en même temps (impressionnant).
Je recommande particulièrement l'album Aldyn Dashka mais l'album de reprises de titres occidentaux reste aussi intéressant (quoique parfois déroutant).

Hanggai
http://www.myspace.com/hanggaiband
Également écoutable sur Deezer.
http://www.deezer.com/fr/#music/hanggai/he-who-travels-far-696772
Groupe chino-mongole, un peu dans la veine de Yat-Kha, un peu plus easy-listening, parfois plus rock et moins "fouillé", c'est aussi un album qui déménage un peu plus. Les chants diphoniques s'intègrent vraiment bien aux morceaux rythmés par la guitare électrique.

Peter Murphy - Dust
http://www.deezer.com/fr/#music/peter-murphy/dust-92172
Album de 2002 du chanteur de Bauhaus, Dust est empreint de musique traditionnelle turque. A priori, ce que j'en avais lu à l'époque, c'était que Murphy vivait là-bas et avait rassemblé des potes du coin pour faire ce superbe album où le duduk répond à merveille à sa voix profonde.

Rachid Taha - Made in Medina
http://www.deezer.com/fr/#music/rachid-taha/made-in-medina-123457
Un très bel album, récompensé à Londres, mêlant rock, electro et instruments d'Afrique du Nord. Superbe.

Amadou et Mariam - Welcome to Mali
http://www.deezer.com/fr/#music/amadou-mariam/welcome-to-mali-254184
Cet album qui intègre les participations de Dalmon Albarn, Matthieu Chedid et Keziah Jones est une perle de musique malienne et de rock.

Mari Boine - In the hand of the night
http://www.deezer.com/fr/#music/mari-boine/in-the-hand-of-the-night-122996
Artiste sami, porte-parole de cette culture, Mari Boine intègre dans cet album mémorable des sonorités d'un peu partout.

Ryuichi Sakamoto - Beauty
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ry%C5%ABichi_Sakamoto
Certains sons très marqués 80's n'ont pas forcément bien vieillis mais il reste quelques titres mêlant musique ressemblant à du théâtre No et musique pop, comme le titre A pile of time

Nusrat Fateh Ali Khan
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nusrat_Fateh_Ali_Khan
99 albums sur deezer mais pas Mustt Mustt, le seul que je connaisse bien.
Pakistanais, collaborateur de Peter Gabriel et maître du chant qawwalî, ce chanteur a une production hallucinante et a fait beaucoup pour populariser ce chant traditionnel (ce qui a écorché les oreilles de certains tenants de la tradition, au passage).

Ce genre de listes de groupes pourrait continuer longtemps, voici déjà quelques noms. Culture mongole, sami, algérienne, malienne ou japonaise, de quoi faire un peu voyager ses oreilles sans pour autant aller directement vers des formations plus spécialisées.
On y reviendra donc, parce que je suis sûr que j'oublie quelques formations qu'il m'arrive pourtant d'écouter plus qu'à mon tour.

3 commentaires:

  1. Ca fait du bien de voir une liste de sons aussi variée et pleine de découvertes!
    Pour rebondir sur Nusrat, j'ai plutôt tendance à conseiller le Live en 5 CD "en concert à Paris" et le double-cd "The final studio recordings" qui comportent de purs bijoux. Mais attention c'est du Nusrat version trad' avec des titres d'environ 15 minutes, voire 30' (les albums sous le label world de P. Gabriel étant plus formatés et je suis de ceux qui aiment moins).
    Et pour s'ouvrir un peu plus sur la musique soufie, rien de mieux que le double-cd format livre "Hommage à Nusrat" où on retrouve le merveilleux Alim Qasimov, grand chantre du mugham d'Azerbaïdjan, d'une puissance vocale surprenante (pour l'avoir vu en concert, ça décoiffe!), et Julien Jalal Eddine Weiss, un des rares occidentaux à être reconnu comme maître du qânoun et de la tradition musicale du moyen-orient.
    En tout cas, merci pour Mari Boine: je ne connaissais pas et je pense que ça va pas tarder à rejoindre ma cd-thèque, rayon "scandinavie" (ça me changera de Gjallarhorn et de Wardruna)! ¢

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  2. Merci pour ce commentaire et tes références que je note précieusement. Juste une petite précision, c'est justement ce "formatage" easy listening, que je préfère qualifier de métissage, que j'ai mis à l'honneur avec cet article, notamment le boulot de Nusrat et Peter G. C'est plus "accessible", plus "pop".
    Ce mélange des genres me séduit particulièrement.

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  3. Je suis aussi amateur du métissage en tout genre, et dans la musique cela donne souvent des résultats passionnants. En ce sens, Gjallarhorn que je citais dans le rayon scandinavie est un bon exemple. Ce sont des suédois de Finlande qui mélangent de la musique traditionnelle assez pointue (sonorité folk médiévisante, paroles inspirées des mythes nordiques, chant issu de la tradition des gardiennes de vaches qui rappelaient leur troupeau d'un mont à l'autre) avec du didgeridoo, djembé, kalimba etc. J'avais découvert avec "Sjofn", leur 2e album, et c'est toujours la même claque 10 ans plus tard...
    Pour revenir à Nusrat, je n'exprimais qu'une préférence toute personnelle. Je reconnais que les albums chez Real-World représentant un point d'entrée plus accessible (se taper un titre de 28' comme sur le cd1 du Concert à Paris, c'est pas facile au 1e abord!). D'ailleurs, j'ai repensé à 2 autres références, plus melting pot. D'abord, la B.O. du film "Dead Man Walking" où Nusrat croise Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam. Ensuite, "The Prayer Cycle" de Jonathan Elias: un disque fascinant qui propose une symphonie chorale en 9 mouvements (c'est sacré sans être religieux) et où se côtoient des gens aussi divers que Perry Farrell, Alanis Morissette, Salif Keita, Yungchen Lhamo (superbe voix tibétaine), Ofra Haza, ou Nusrat dont c'est un des derniers enregistrements (il est décédé peu après).
    Bon, j'arrête là ma fan-attitude. C'est juste que ce monsieur, sans doute le plus grand artiste du XXe siècle, manque énormément: c'est toujours une émotion particulière de l'écouter ou de l'évoquer...
    ¢

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