mercredi 23 mai 2012

Le fascicule de l'auteur pas manchot

Un nouvel article qui va me permettre de parler de quelqu'un d'autre que moi. Oui, ça m'arrive, sur ce bloug, de parler de coups de coeur. Le Roi des Rats de Miéville était l'un d'entre eux. Et la nouvelle production du Carnoplaste l'est tout autant.

La Rédemption du Phénix  de Romain d'Huissier inaugure une nouvelle série chez cet éditeur de fascicules dont je vous ai déjà parlé puisqu'il est l'éditeur qui permet aux aventures de Green Tiburon d'être publiées.
Celui-ci démarre donc une nouvelle série: 
Les Chroniques du jiang hu.

Qu'est ce que c'est quoi que ça, le jiang hu ?
C'est ce qu'on pourrait traduire par "le monde des forêts et des lacs", le monde qui rassemble les guerriers, valeureux ou malhonnêtes. Société parallèle chinoise qui possède ses codes et ses valeurs, elle regroupe les guerriers honorables, les saltimbanques, les vagabonds... C'est au sein de ce microcosme que se déroulent les grandes histoires, les contes tragiques, les combats sans pitié. Et c'est ce monde que ces fascicules vont vous permettre d'explorer.

Dans ce premier opus, un jeune guerrier traverse un village maltraité. Il se décide à prendre la défense des villageois mais tout ne se passe pas comme il pouvait se l'imaginer. Je n'en dis pas plus, l'histoire, bien que basique, mérite d'être découverte à la lecture et non grossièrement résumée dans un article de bloug.

Saluons tout d'abord la fluidité du récit. Il y a plein d'action, des combats mémorables dont les prises aériennes et audacieuses sont décrites avec inventivité. Chaque affrontement est l'occasion pour les personnages d'être présentés au lecteur, comme le veut la tradition du genre. La manière de combattre en dit long sur les personnages et les combats ne sont pas QUE des phases d'action mais une manière de faire vivre les personnages, de les mettre en scène. Les attaques secrètes, puissantes et spectaculaires prennent toutes leurs dimensions sous cette plume au riche vocabulaire et les fights sont un vrai régal à déguster. Inutile d'être familier avec le monde du kung-fu, les prises sont imagées et puisent dans la symbolique chinoise et les animaux mythologiques, dans un total respect de l'univers auquel ce fascicule entend rendre hommage.

Car le respect du genre est indéniable et même le moteur de ce récit. J'ai écrit plusieurs articles sur ce blog concernant le travail sur les genres, notamment le cinéma de la luchasploitation. Se frotter à un genre, qu'il soit cinématographique ou littéraire est aussi passionnant qu'intimidant. Surtout quand on l'aborde au premier degré et non dans une optique parodique ou post-moderne.
Ici, c'est l'amour pour les productions de la Shaw Brothers, cette société hongkongaise qui produisit, principalement dans les années 70, de grands films centrés sur les arts martiaux ou sur ce monde des forêts et des lacs, qui prévaut. La structure du récit est construite comme dans ces films et on a l'impression de découvrir un inédit, retrouvé dans les archives d'un mogul de ce studio. Tout l'amour de l'auteur pour ces films est présent à chaque page, un bel hommage, totalement assumé puisque le fascicule est dédié à la Shaw Bro.

Alors oui, les mauvaises langues, les esprits chagrins argueront de mes liens d'amitié avec l'auteur. Certes, c'est le cas. Mais je ne pense pas que cela ôte quoi que ce soit à mon propos. Je ne touche pas d'argent sur ces fascicules et je dois avouer que même si je souhaite un beau succès à ces wu xia chinois, je vais lutter ardemment pour que mes luchadores mexicains se vendent encore plus ! Donc le copinage, hein...

Alors, moi je ne dis qu'une chose:
- Vivement la suite
- (oui, je suis sur mon bloug, je fais ce que je veux, j'ai le droit de dire deux choses) Le prochain se doit d'avoir un nombre dans son titre !

N'hésitez pas à vous procurer ce fascicule. D'une, vous pourrez déguster une belle histoire. Et de deux, vous soutiendrez le Carnoplaste, éditeur de fascicules à l'ancienne, dont la passion pour le genre populaire en général permet à de jeunes auteurs, un brin geeks mais passionnés, d'écrire tout plein d'histoires que, soyons honnêtes, pas grand monde d'autre ne voudrait sinon (ok, je parle surtout pour moi, là, avec mes lutteurs mexicains et mes nains mascottes de football américain).

Fascicule à se procurer d'urgence ici, donc.

lundi 21 mai 2012

Du Sang et des Armes, une nouvelle aventure du Nyctalope

Jean de la Hire, écrivain quasi-oublié du début du XXème siècle est notamment l'auteur d'un héros qui n'a pas été retenu au panthéon des personnages de fiction emblématique, Léo Saint-Clair, alias Le Nyctalope.

Et pourtant, il s'agit non moins que du premier véritable super-héros. Et oui, camarades, le premier personnage à disposer ainsi de capacités surhumaines, d'une double identité et de tous les éléments de ce que constitueront par la suite les marques distinctives des super-héros.
Léo Saint-Clair, alias le Nyctalope est donc, cocorico, le premier de ces gens là. Il ne porte pas encore de costume moulant et coloré par contre mais c'est bel et bien un personnage haut-en-couleurs qui alterne les aventures d'espionnage et les voyages spatiaux jusqu'à Mars, entre autre. Le Nyctalope a en effet, vécu un grand nombre d'aventures, dans autant de romans jusqu'à cette triste nouvelle finale qui le vit, tout comme son auteur, collaborer avec les sinistres puissances de l'Axe durant la Seconde Guerre Mondiale.

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le personnage, je les renvoie à cet ouvrage, Le Nyctalope: L'Univers Extravagant de Jean de la Hire, d'Emmanuel Gorlier, LE spécialiste du Nyctalope.

Ce personnage vit, depuis quelques années, de nouvelles aventures, sous la plume d'auteurs divers et variés (dont Emmanuel Gorlier, d'ailleurs), pour des pastiches dans lesquels Léo Saint-Clair croise d'autres personnages de son époque ou continue ses pérégrinations dans le futur, dans le passé, ailleurs, sur Mars ou moult temps et lieux... Et ce, chez l'éditeur passionné, Rivière Blanche.

Par le passé, pour mon tout premier texte publié, j'avais eu l'occasion de me pencher sur l'ennemi du père de ce personnage. J'avais ainsi évoqué la fin tragique de l'Hictaner, celui qui faisait figure de premier véritable ennemi super-héroïque, puisqu'il s'agissait d'un cobaye à qui on avait greffé des branchies de requin. Ainsi, dans  L'Heure du Squale (traduite aux Etats-Unis sous le titre The Season of the Shark), l'Hictaner tentait d'accomplir sa vengeance tandis qu'il mutait irrémédiablement. Ouvrage disponible ici.

J'ai eu le plaisir de revenir à l'univers foisonnant de Jean de la Hire pour un second texte, Du Sang et des Armes. Cette histoire fait intervenir Léo Saint-Clair en Vendée, autour du château de Tiffauges, triste demeure du sinistre Gilles de Rais et ce, juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. Modestement, il tente d'avancer un élément qui pourrait éventuellement avoir pesé dans la balance dans la décision de Léo Saint-Clair de collaborer avec les Allemands. De l'aventure, du mystère, un peu de sang et même du patois vendéen, grâce à l'aide de mes beaux-parents.

A noter que le recueil intègre également un texte de Robert Darvel, auteur et éditeur du Carnoplaste, qui publie notamment les aventures de Green Tiburon.

L'ouvrage, disponible en juin, peut d'ors et déjà se commander ici. Toujours chez Rivière Blanche.

J'espère que ce petit billet vous aura donné envie sinon de lire mon travail mais surtout de vous documenter sur cet étrange personnage, une figure de l'imaginaire populaire français que le temps a recouvert d'une chape d'oubli, même si Le Nyctalope a quand même eu les honneurs de figurer dans la bande-dessinée La Brigade Chimérique, de Serge Lehman, Fabrice Colin et Gess, chez l'Atalante. BD qui s'est attachée à faire revivre, dans un univers métaphorique inspiré par les années 30, la plupart des grands personnages de l'âge d'or du Merveilleux scientifique dont notre Léo Saint-Clair, dans un rôle fort à propos de leader tourmenté d'une France qui se cherche...




vendredi 11 mai 2012

Du Green & du Gore

En vert et rouge, ce qui fait plus penser au Portugal qu'à Jeanne Mas, faut l'avouer. Et c'est aussi, même si je n'ai rien du tout contre les Portugais ou leur emblème national, deux couleurs qu'il faut éviter quand on s'habille. Je le sais depuis tout petit.

Pour un article de blog, on peut. Surtout quand on a un blog dont le sous-titre flotte ouvertement du côté des métaphores vomitoires.

Alors de quoi qu'on cause, ici ?

De deux choses donc.

D'abord du Green



Quelques informations:

- Vous pouvez trouver deux critiques supplémentaires :
Ici, par Seb Lecocq, pour Cinéma Fantastique.net. Seb est un véritable spécialiste de la lucha libre et surtout de luchasploitation. Vous pouvez notamment apprécier la pleine mesure de son amour du genre sur le forum Maad Movies, sur le sujet consacré aux films de luchadores dont il est à l'origine. J'avoue que j'attendais sa critique avec beaucoup d'impatience. Je précise de suite que cela n'ôte aucune espèce d'importance aux autres mais il est toujours génial de pouvoir discuter entre connaisseurs d'un genre cinématographique assez peu médiatisé sous nos latitudes. Genre auquel, bien évidemment, Green Tiburon se veut un vibrant hommage. J'avais appris, par le biais de rapides messages qu'il appréciait sa lecture, ce qui était rassurant. Voici venir sa critique complète du deuxième opus, qui évoque au passage le premier. Et donc, super content je suis.

, la critique de SciFi-Universe, par Vincent L. qui a déjà chroniqué le jeu de rôles Luchadores. Une critique un peu plus sévère mais qui fait toujours plaisir, notamment parce qu'elle permet de progresser sur les dits points négatifs et parce qu'elle souligne également positivement quelques trucs qui comptaient pour moi.

- Attention, évènement spécial. Je viens de causer avec Green Tiburon au téléphone. Même si je ne suis pas sûr d'avoir tout bien saisi (les ondes de l'Espirale Grande ont tendance à véritablement rendre une conversation téléphonique inaudible - et ce ne sont pas les PJ de cet univers qui me contrediront) mais il semblerait que Green Tiburon, himself lui-même, fasse le déplacement de Los Murcielagos à Angers. Il sera donc en dédicace chez Phénomène J, 3 rue Montault, à Angers, le samedi 19 mai à à partir de 15h. N'hésitez pas à viendre avec vos fascicules, il se fera un plaisir de les signer. Si vous n'avez pas encore ses aventures, il vous reste encore la possibilité d'aller les acheter chez Jean-Hugues, donc. Vous avez l'adresse.
N'hésitez pas, n'ayez pas peur, il ne fait de prise qu'aux créatures qui puent le poisson (donc si vous avez une hygiène douteuse, pensez à prendre une douche mais sinon, ça devrait aller).

- Green Tiburon sera également en dédicace aux Imaginales et à imJn'ère. Mais on en recausera plus en détail d'ici là.

- Ne manquez pas le Di6dent qui va bientôt déferler. Non pas celui de mai mais le suivant. Dedans, Romain d'Huissier a signé Quebradora, un scénario pulp au rythme infernal qui jettera vos PJ sur la piste des méchants les plus affreux (non, je ne parle pas des Jeunes Pops, c'est encore pire, bien pire).


Ensuite, du Gore.

Je viens tout juste de finir la lecture de Les Larvoïdes, de Shaun Hutson.


Numéro 15 de la série Gore, chez Fleuve Noir, qui compta 118 titres, il met en scène trois personnages clef. Un gars au visage brûlé, au passé chargé, qui sort juste d'un très long séjour en psychiatrie et trouve un petit boulot dans un hôpital anglais, un flic qui cherche un tueur et un tueur, donc.
Tout ce petit monde jeté dans la campagne anglaise et un petit bourg sans importance, dans les années 80. Le décor est jeté pour une véritable petite série B gore. En lisant ce roman, c'est bien simple, vous avez l'impression de déguster une VHS de cet âge d'or, quand le fantastique craspec était fantastiquement craspec, une cassette vidéo inédite, retrouvée par hasard dans les ruines d'un vidéoclub abandonné depuis des années. 
Les scènes défilent sous les yeux durant toute la lecture car le roman est fluide et se lit, allez, en deux soirs si vous n'y passez pas vos nuits. Quelques faiblesses de traduction (répétitions notamment) sont présentes sans parvenir toutefois à nous faire sortir de cette intrigue qui réserve quelques surprises tout en intégrant tous les codes du genre.

L'histoire intègre des sexes bien gores donc (surprenant, non), des scènes de sexe et une intrigue (bah oui quand même) captivante qui lorgne du côté de la trilogie, tout du moins du premier film, de Larry Cohen: Le Monstre est vivant. Bref, je ne révèle rien - ou presque - en évoquant le fait qu'il y a des bébés tueurs.
Et moi qui ais un bout de mes étagères réservés aux films de bébés tueurs, ben, j'ai adoré. J'assume, n'oubliez pas, pour ceux qui suivent ce blog, que mon deuxième récit publié concernait un  fœtus à deux têtes exposé dans un muséum qui n'avait pas que des intentions pacifistes comme de flotter dans son bocal de formol en regardant passer les visiteurs...

Inutile d'en dire trop. Même si la collection est défunte (qu'est-ce qu'il serait bon de raviver cette branche de littérature populaire et turbulente), je pense que le titre est facile à trouver sur le net ou chez les bons bouquinistes. Nous, à Angers, on en a un qui les a presque tous alors je me fais régulièrement plaisir en piochant de quoi lire. Bientôt je vous parlerais de mon préféré, celui de Brice Tarvel, La Chair sous les ongles, en faisant un diptyque avec sa suite, sortie sous peu, le Bal des Iguanes (rien à voir avec le dernier album d'Iggy, que je viens de me procurer et que j'attends de recevoir sous peu).

(un site détaille tous les romans de la collection - Attention cependant, il s'agit d'un site pour adultes aux publicités explicitement pornographiques - je vous aurais prévenu, hein).

Je vous laisse, je dois justement regarder le remake du Monstre est vivant (oui, il paraît qu'il n'est pas terrible mais que voulez-vous, c'est une histoire de bébé tueur).

Cet article a été écrit sur fond musical: Skip The Use, album Can Be Late. Où comment des petits frenchies prennent la relève de Bloc Party qui a sombré dans le n'importe quoi (je n'en dis pas plus, je suis encore, deux ans après, énervé par les choix du troisième album de ce que je considérais véritablement comme l'avenir du rock anglais).



vendredi 27 avril 2012

Le Roi des Rats, de China Miéville




Je viens juste de terminer ce superbe roman et je ne résiste pas au plaisir d'en faire une petite chronique, sur le vif.

Le Roi des rats, c'est quoi ?

Saul Garamond rentre chez lui, à Londres. Il vit avec son père, un militant communiste. Saul s'est éloigné petit à petit de son père et s'ils ne sont pas en conflit, ils s'ignorent, incapables de se comprendre l'un l'autre.
Mais ce soir là, tout bascule dans la vie du jeune homme. Son père est assassiné et il est accusé de ce crime.
Un être bien étrange le tire de sa cellule et après une cavalcade proprement inhumaine sur les toits de la ville, il se présente comme étant le roi des rats et l'oncle de Saul.
C'est alors que Saul va découvrir sa véritable nature... Mais dans l'ombre, un étonnant artiste le traque, un artiste qui a bien des tours dans son sac et jouer de la flûte n'en est pas des moindres.

Il s'agit du premier roman de China Miéville.

China Miéville est un auteur anglais né en 1972. Auteur brillant, notamment du cycle se déroulant dans son univers totalement original de New Crobuzon et de ses alentours, il démontre ici toute l'étendue du talent d'un auteur débutant mais qui sait déjà où il va. En plus, il est trotskiste, ce qui n'ôte rien (au contraire).

Véritable oeuvre d'urban fantasy, Le Roi des rats nous entraîne à la découverte des bas-fonds, des égouts, des culs de sac encombrés d'ordures de la capitale anglaise, frayer parmi les rats. Il se dit que dans les villes, il existe un rat pour chaque habitant. Et Londres, de ce côté là, ne semble pas manquer de citoyens. Dans cet envers du décor, dans des lieux que le commun des mortels ne peut jamais atteindre, nous découvrons le nouveau visage de la cité et notamment les secrets qu'elle cache. Notamment parce qu'en crapahutant de la sorte, on a des nouveaux angles de vue, la cité est dévoilée d'une manière à laquelle elle ne s'attendait pas. Ainsi, qui eut crû que dans les villes se cachaient notamment plusieurs souverains. Londres n'abrite pas que la reine Elisabeth II mais également le roi des rats (même si son peuple lui conteste à présent son autorité), le roi des araignées et le roi des oiseaux. Toute une cohorte de monarques et leur cour, qui se terrent.

Mais qu'est-ce qui peut faire peur à un roi ?
Un musicien...
Un joueur de flûte, vraiment ?
Mais un joueur de flûte et des rats, cela ne vous rappelle rien ?

Véritable relecture de l'histoire d'Hamelin, le récit de Miéville intègre ce dernier dans un cadre post-moderne et l'insère ainsi dans une fresque contemporaine, évoquant ce qui s'est passé après le mot "fin" du conte (conte cruel qui, rappelons-le, s'est soldé par la noyade de tous les enfants du village).

Non, le joueur de flûte n'est pas un rigolo qui pourrait distraire des gens en mal de Shrek. Et ça, Saul, va vite le comprendre.

Ce récit, très typé par son époque (les années 90), intègre également les cultures urbaines qui avaient court à l'époque, notamment la jungle, la drum'n bass. Véritable composante à part entière de l'histoire, ce genre musical inventif et hypnotique, au tempo ultra rapide et à la basse voltigeante est d'une importance capitale et force est de constater que l'auteur arrive à décrire les morceaux musicaux avec brio. Dans une chronique de la Tête en l'ère, j'évoquais le talent de Frédéric Merchadou qui, dans Ange Maudit, décrivait l'oeil du peintre. Ici, c'est l'oreille du musicien et du compositeur qui est représentée de manière réaliste et gourmande.

Urban fantasy donc, dont on retrouve les codes et le parcours du héros. Avec lui, nous partons à la découverte de sa nouvelle nature, de son évolution et du nouveau monde qui s'offre à ses pieds (et sous ses pieds). Sans trop en dire, en laissant une partie de cet univers dans l'ombre (on sait qu'il existe d'autres souverains animaliers, par exemple, sans en apprendre plus sur eux), China Miéville arrive à dépeindre un monde attractif et familier duquel on a du mal à sortir. Contenant des fulgurances gores que renieraient pas la défunte collection éponyme, le final est anthologique et scotchant.

Si vous avez eu du mal avec le style fourni et ciselé de Perdido Street Station, ce roman vous sera quand même accessible car si on y sent l'amour de l'auteur pour les belles phrases, le style est moins personnel, plus classique, plus dépouillé même. Ce qui n'empêche pas une certaine efficacité et même une efficacité certaine.

Bref, je n'en dis pas plus. Enfilez votre imperméable pourri, fouillez les poubelles à la recherche de quelques restes moisis pour prendre des forces et suivez Saul dans les égouts. C'est un périple que vous ne regretterez pas.


Et non, pas de lien dans ce roman avec les mystérieux rois de rats, supercherie ou légende...


mercredi 25 avril 2012

U-chroniques en souscription

Il est temps, camarades.
Les univers virtuels nous appellent.
U-chroniques est à présent commandable en souscription. 

Ce recueil de nouvelles ayant pour thème l'uchronie sera publié dans le cadre du salon imaJn'ère qui aura lieu  du jeudi 7 juin au soir au dimanche 10 juin à la Tour Saint Aubin à Angers. 

Cet ouvrage sert à financer le salon et à vous permettre de passer quelques heures d'agréable lecture.
Outre les distingués membres de l'équipe et les trois heureux lauréats du concours de nouvelles, de prestigieux invités : Roland C. Wagner en tête, et Arnaud Cuidet, Robert Darvel, Romain d'Huissier, Jérome V. et Philippe Ward. Un casting de choix donc.
 
Pour 15 euro, vous disposerez de 300 pages d'histoires délirantes, de polars uchroniques, de revisitage (oui) de l'histoire, celle avec un grand H mais aussi celle avec un tout petit. 

Si le thème vous tente, vous ne pourrez qu'aimer les différentes nouvelles et les illustrations intérieures qui les accompagnent (de Francisco Varon, l'auteur de la splendide couverture de Midget Rampage, à paraître chez Le Carnoplaste). A noter également la couverture du bouquin, U-chroniques (vous suivez, j'espère), par Manchu, invité d'honneur du salon (sur lequel je reviendrais mais je peux vous dire qu'il va y avoir du beau monde).

Voici le lien pour ceux qui veulent soutenir le salon et récupérer le bouquin moins cher que quand il sera vendu à parution: c'est ici

N'hésitez pas à en parler autour de vous, des ventes dépendent la nourriture que nous serons en mesure de fournir aux invités. Et ils commencent à flipper sévère de bouffer des patates durant tout le salon.

mardi 17 avril 2012

Les Projets de David S. Khara


1942, un sinistre camp de la mort nazi en Pologne. Le chef de la SS s'apprête à rencontrer le scientifique en charge du projet le plus important du IIIe Reich.

De nos jours, Etats-Unis. Jay Novacek, jeune trader new-yorkais, dépressif et alcoolique, reçoit la visite de deux émissaires de l'armée. Son père, haut gradé de l'US Air Force, vient de mourir dans d'étranges circonstances... Il devra bientôt prendre la fuite, poursuivi par des ennemis mystérieux tandis qu'une jeune femme de la CIA tente de le protéger. C'est durant cette cavale qu'il rencontrera un agent du Mossad aux origines bien particulières.

C'est ainsi que commence le premier tome de ce qui est destiné à être une trilogie. Les deux premiers tomes, le Projet Bleiberg et le Projet Shiro sont déjà disponibles (notamment chez Critic, dans leur collection Thriller mais aussi chez 10/18 pour le premier tome).

Véritable concentré de thriller mêlant les organisations secrètes de notre temps à de sinistres conspirations venues des heures les plus sombres de notre passé (l'Allemagne nazie et l'Empire japonais), ces deux romans se lisent à toute vitesse. Portées par une solide documentation, cependant toujours au service du récit, les intrigues mélangent enquêtes, action débridée et relations entre des personnages qui se cachent bien des choses. L'ambiance est à la paranoïa, aux fusillades, aux dossiers secrets, aux découvertes scientifiques qui flirtent avec la SF...
L'écriture, fluide et dynamique, permet d'imaginer l'histoire qui se déroule à la manière d'un film d'espionnage moderne, à la Jason Bourne. Seul minuscule bémol, pour ma part : les dialogues m'ont parfois paru un peu moins naturels dans le premier opus. Une réserve qui disparaît complètement dans le second tome, cinématographique en diable.

Tout au long des deux romans, les personnages, dont certains apparaissent dans les deux dossiers, s'épaississent et gagnent en humanité, en teintes de gris, en doutes. Ils s'entrecroisent tout au long d'une intrigue à plusieurs couches qui donne bien envie de lire le dernier tome, le Projet Morgenstern, la conclusion de cette épopée historico-complotivo-populaire.

Pour les rôlistes qui lisent mon blog, je recommande ces ouvrages pour du Delta Green ou tout autre jeu dans lequel les différentes agences de services secrets se tirent dans les pattes et où toutes ont des squelettes dans leurs placards.

Pour les autres, je recommande si vous avez envie de lire un récit moderne, dynamique et pas prise de tête tout en étant néamoins doté d'une intrigue solide qui tient en haleine.

lundi 16 avril 2012

Aktualitat

En l'absence de sorties concrètes, je n'oublie pas cependant d'informer les quelques courageux qui suivent ce blog de mon actualité concrète.

En ce moment, je travaille au dernier tiers de mon roman. Le cap des 400.000 signes est à présent dépassé depuis plusieurs jours.

Au début du projet, j'ai élaboré un plan précis des chapitres. Il y en avait 39. Des courts chapitres de 10.000 signes (3 pages word environ pour ceux qui ne comptent pas en signes, qui, rappelons le, est le décompte de chaque lettre, signe de ponctuation ou espace que contient un texte).
Cependant, au fur et à mesure que j'avançais dans la rédaction, je me suis rendu compte que le plan était surtout très bien détaillé pour tout ce qui concernait le début de l'intrigue.
Mais que sur la fin, le plan était plus relâché, moins précis. A présent que j'arrive à ce stade du récit, je n'ai pas à véritablement repenser le plan ou même le réorganiser. Simplement, des chapitres intermédiaires s'imposent presque d'eux-même. Et cela fait grimper leur nombre. Je viens de me rendre compte que je vais probablement taper dans les 55 chapitres environ. Peut-être 60. Tout dépendra de l'ampleur que prend le final. Je me laisse un peu guider.

Attention, j'ai bien conscience de savoir où je vais et comment je veux y aller mais c'est vrai que la vitesse est parfois guidée par les personnages, leurs manières de réagir... Ils prennent un peu le volant, il faut l'avouer. Je découvre que ce que je pensais être un joli lieu commun est en fait une réalité.

En tout cas, c'est un vrai plaisir que de développer cette histoire en grand format, une première pour moi. Et je peux dire ici que j'ai très hâte de pouvoir le proposer à la lecture. Les retours de mes beta-lecteurs et non pas "lecteurs bêtas" sont très enthousiastes et cela est, il faut le reconnaître, très motivant.


Niveau sorties futures: les prochains mois devraient être plus dynamiques que les précédents.

- Déjà, Midget Rampage, que j'ai déjà brièvement évoqué.
Je vous refile la couverture, faite par Francisco Varon, artiste de talent et bon ami, en haut de ce billet.
Le récit sera disponible chez Le Carnoplaste. Il sera complété d'un autre récit, à la trame similaire mais dans un univers complètement différent, écrit par Irène Maubreuil, une dame déjà publiée dans Muséums chez Malpertuis. Et l'autre illustration sera de Christophe Swal.
Je suis en train de relire et de travailler le texte en compagnie de l'éditeur, Robert Darvel.

- Et vous aurez sous peu l'occasion de découvrir mon texte uchronique, Diem Perdidi, également illustrée par Francisco Varon, dans un recueil de nouvelles disponible en souscription pour financer le festival imaJn'ère 2012 à Angers, début juin (je vous reparlerai en détail de cet évènement auquel je participe). La couverture, enfin, l'illustration de couverture, est réalisée par Manchu et on peut déjà la découvrir sur son blog.

- Actualité plus lointaine mais qui démarre en ce moment même, le chantier Dimension super-héros 2, le retour. Mon co-anthologiste Romain d'Huissier et moi-même, attaquons dès à présent le boulot pour vous fournir un nouveau recueil l'année prochaine, toujours entourés d'une dream-team dont la caractéristique est de porter leur slip par dessus leurs collants.

- Enfin, je compte participer à l'appel à textes pour Malpertuis IV. J'ai déjà quelques idées en tête, à voir laquelle je vais choisir.

- Niveau jeu de rôle: je viens de boucler Tarentelle Sélénite, un scénario pour le jeu Mutant Chronicles. Certains d'entre-vous s'en souviennent peut-être encore. Un très bon jeu, par l'équipe qui a également écrit Kult. Une sorte de Kult dans le futur, avec en influence l'univers de Warhammer 40.000. Mais Mutant Chronicles a sa propre ambiance, son propre univers. Le scénario sera disponible dans le prochain Di6dent.
J'ai également prévu de rédiger un scénario pour Würm, scénario déjà testé auprès de mes amis rémois, toujours pour Di6dent.
Et n'oublions pas la campagne pour la Brigade Chimérique, en cours d'élaboration.


Et maintenant, les salons !

J'aurais le plaisir de rencontrer mes amis scribouilleux, gribouilleux, lecteurs, visiteurs au festival des Imaginales d'Epinal et bien sûr, à imaJn'ère à Angers.

Green Tiburon sera là également, avec son nouveau masque, prêt à signer le second opus de ses aventures. Il m'a confié qu'il commençait sérieusement à réfléchir à la mission qu'il allait raconter dans le troisième numéro. Sauf modification de dernière minute, il devrait s'agir de Green Tiburon contre les femmes Chupacabras.

Voila, je vous laisse, je dois retourner en URSS en 1937, Beria, Staline, le roi Vodianoï et Ilya Krasnov, liquidateur de la Comsovspé m'attendent.
Poka !